Les obligations se libèrent des intermédiaires
Par ARNAUD DUMAS - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3247
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En plus du marché de gré à gré, les obligations vont pouvoir s'échanger en Bourse. Et permettre d'améliorer la liquidité d'un marché grippé par la crise.
Le 11 juillet, une Bourse va ouvrir à Paris. D'un genre particulier, puisque l'on n'y échangera pas des actions mais des obligations. NYSE Euronext va lancer BondMatch, la plate-forme obligataire sur laquelle la dette émise par les entreprises pourra être négociée. Un système plus ouvert, puisque jusqu'à maintenant les investisseurs s'échangeaient les titres de gré à gré, via les banquiers et les courtiers. « Un émetteur fréquent d'obligations comme nous a tout intérêt à ce que cela fonctionne », assure Hervé Labbé, le directeur de la salle des marchés et le chef économiste de France Télécom. Les grandes entreprises caressent l'espoir de financer leur dette plus facilement et pour moins cher.
Cette Bourse d'échange devrait favoriser la transparence sur les prix, contrairement au système de gré à gré. « Les investisseurs institutionnels se plaignaient du manque de transparence et de l'absence de prix de référence, ce qui les empêchait de valoriser leur portefeuille », explique Nathalie Masset, la directrice adjointe des marchés obligataires européens de Nyse Euronext. Surtout, les prix étant connus à l'avance, les obligations devraient s'échanger plus vite. D'autant que cette liquidité retrouvée du marché secondaire, grippé depuis la crise, bénéficiera au marché primaire sur lequel sont émises les obligations. Rassurés par la possibilité de revendre leurs titres, les investisseurs miseront plus facilement sur la dette des entreprises. Les entreprises devraient avoir un meilleur contrôle du prix de leur dette et dépendront moins du tarif affiché par leur intermédiaire. Le prix de référence pourra être fondé sur des transactions réelles sur le marché secondaire, visibles par tout le monde. Même chose pour les obligations des plus petites entreprises, qui n'auront pas accès à BondMatch, mais dont les prix devraient bénéficier de la transparence. Les entreprises auront aussi accès à des informations utiles au pilotage de leur activité. « Ce genre de plate-forme permet une meilleure identification des investisseurs, explique Hervé Labbé. Utile notamment en cas d'un rachat. » NYSE Euronext fournira aux entreprises émettrices des statistiques sur le type d'intervenants sur leur souche obligataire. « Cela leur donnera une idée de la façon dont leur banque anime leur titre et les aidera dans leurs négociations avec elle », souligne un acteur du marché.
Les premiers résultats dans un an
Les effets de la nouvelle plate-forme d'Euronext ne se feront pas sentir avant un an. « Tous les acteurs du marché peuvent devenir membre de la plate-forme et traiter directement dessus. Mais ils doivent adapter leur système informatique. Cela peut prendre un peu de temps », reprend-elle. Entre-temps, d'autres Bourses obligataires vont ouvrir. « Nous allons regarder comment tout cela se développe, reconnaît Hervé Labbé. France Télécom ne fera pas partie des premiers utilisateurs, nous allons donc attendre de voir quelles fonctionnalités et quels produits émergent, puis nous prendront la plate-forme la plus intéressante. »
Les souches obligataires d'entreprises supérieures à 500 millions d'euros. Les investisseurs réglementés (banques, assurances...) pourront tous devenir membres de la plate-forme.
L'information sur les prix de référence des obligations. La chambre de compensation adossée au marché.











