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Les notes d'entreprises risquent aussi d'être affectées, dit S&P

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PARIS (Reuters) - La notation des entreprises non financières françaises, plutôt épargnée en 2011, risque, à l'instar de celle des banques, de souffrir en 2012 d'une éventuelle absence de solution à la crise de la zone euro et de la récession plus forte que prévu qui en découlerait, ont estimé jeudi les analystes de Standard & Poor's.

"Nos notes et le mouvement de nos notes intègrent les éléments de conjoncture", a déclaré Michael Seewald, directeur de l'analyse sur la notation coporate (entreprise) chez S&P, lors d'une conférence de presse.

Avant lui, Jean-Michel Six, chef économiste pour l'Europe, avait expliqué qu'il retenait deux scénarios pour la zone euro : celui d'une récession douce, qui a sa préférence, avec une probabilité de 60%; et celui d'une récession plus forte qui résulterait de l'incapacité des dirigeants de la zone euro à trouver une solution institutionnelle crédible à la crise et à rétablir la confiance.

La notation des banques, qui a été dégradée au cours l'année, est étroitement corrélée à l'évolution de la crise de la dette souveraine, a souligné Elisabeth Grandin, directrice de l'analyse sur les institutions financières.

Si les banques françaises ont bien résisté avec des notes supérieures à la moyenne (A+), elles n'ont pas échappé à la détérioration généralisée au second semestre.

Les banques françaises, dont les notes ont été dégradées depuis mai 2011, ont été mises jeudi sous surveillance négative par S&P, une conséquence mécanique de sa décision de faire de même pour les Etats de la zone euro, dont la France.

LE CRÉDIT BANCAIRE VA SE RARÉFIER

Elisabeth Grandin a indiqué que l'impact d'une éventuelle dégradation du "AAA" de la France serait moins marqué sur la notation de BNP Paribas (AA-) que sur Société générale (A+) et Crédit agricole (A+).

Elle a toutefois souligné que les banques françaises continuent de "bénéficier d'une bonne qualité d'actifs domestiques, de revenus diversifiés et d'une épargne des ménages abondante qui se réoriente vers les dépôts".

Les banques risquent de rester confrontées aux difficultés de financement à long terme, le marché du crédit s'étant fermé aux émetteurs financiers dans la deuxième moitié de l'année parallèlement à l'aggravation de la crise de la dette.

Faute de pouvoir émettre de la dette senior, les banques ont eu recours aux obligations sécurisées, devenues l'instrument privilégié de refinancement à moyen et long terme. Elles ont également utilisé le canal des placements privés.

Le secteur restera sous pression du fait de la crise des souverains mais aussi des nouvelles règles prudentielles (Bâle III), qui exigent un niveau de fonds propres plus élevé pour faire face au risque.

Les assureurs, principaux acheteurs de dette bancaire, sont également soumis à de nouvelles règles de fonds propres (Solvency II et Bâle III) et ils subissent eux aussi l'impact de la crise de la dette, a expliqué l'analyste Lotfi Elbarhdadi.

"Le crédit bancaire sera une source de financement de plus en plus rare pour les entreprises", a déclaré Michael Seewald, citant les besoins accrus de fonds propre des banques.

Il note que la part des émetteurs notés dans la catégorie investissement (IG) est tombée de 29% en 2009 à 21% en 2011 (à fin septembre) tandis que la part du segment BBB- et BB+ passait de 15% à 20%.

Au 6 décembre, S&P avait procédé à 59 dégradations de notes et à 15 relèvements sur 233 entreprises (tous secteurs confondus) notées par l'agence, contre 23 dégradations et 18 relèvements en 2010, a indiqué Carole Sirou, présidente de S&P France, en précisant qu'aucune défaillance n'a été constatée cette année.

Raoul Sachs, édité par Marc Angrand

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