© D.R. - Doux
Les candidats au rachat du groupe volailler ont jusqu'à ce jeudi 5 juillet 18 heures pour déposer leur offre. Un consortium conduit par Sofiprotéol, qui comprend les principales coopératives agricoles de l'Ouest, fait figure de favori. Le personnel sera informé demain de la situation.
Régis Valliot, l'administrateur judiciaire chargé du groupe Doux depuis son placement en redressement judiciaire le 1er juin dernier, est ce jeudi 5 juillet à Chateaulin (Finistère) au siège social du volailler.
Lui et Sylvie Gautier, l'autre administrateur judiciaire également mandatée pour suivre l'industriel, ont donné jusqu'à ce soir 18 heures aux candidats au rachat pour déposer officiellement leur offre.
Une quinzaine de groupes et entreprises auraient visité les sites et s'intéresseraient à l'ex-géant de la transformation de volailles qui emploie 3 400 salariés.
Le gouvernement souhaite que la reprise se fasse dans le cadre français et non pas via des investisseurs étrangers. Arnaud Montebourg l'a annoncé mercredi 4 juillet dans un communiqué. Il milite en faveur d'une "solution nationale de reprise globale"... "Il importe de maintenir les implantations et le lien avec les producteurs locaux", écrit le ministre du Redressement productif.
C'est dans ce cadre qu'est évoqué avec insistance la proposition de Sofiprotéol, la société financière de la filière des oléagineux présidée par Xavier Beulin également à la tête du syndicat agricole FNSEA. Sofiprotéol aurait constitué un projet de consortium dans lequel s'inscriraient des groupes coopératifs de l'Ouest comme Triskalia, Terrena, mais aussi Glon-Sanders spécialisé dans l'alimentation animale, sans oublier Even.
Dans cette offre de reprise devraient aussi s'impliquer LDC mais aussi Tilly-Sabco dont la majeure partie des volumes de volailles abattues sont destinées au grand export. Un créneau également très présent chez Doux.
Il se dit également que des groupes étrangers s'intéressent au volailler comme le néerlandais Plukon et le brésilien JBS qui a déjà pris en gérance les usines de Doux au Brésil réunies dans sa filiale Frangosul.
Dans l'état actuel de la situation, ces opérateurs ont peu de change de remporter le morceau compte-tenu des souhaits du gouvernement français soucieux de ne pas laisser filer la filière volailles aux mains de groupes étrangers
La liste des candidats au rachat global de Doux - les administrateurs ne veulent pas d'une vente à la découpe - sera dévoilée demain en avant-première aux partenaires sociaux du groupe. Il n'y aura donc pas ce soir de communiqué officiel des administrateurs judiciaires. Le tribunal de commerce de Quimper, seul à même de décider de la suite à donner aux offres de reprise, tiendra une audience publique le 16 juillet et pourrait mettre son jugement en délibéré pour quelques jours.
Le président de la FNSEA Xavier Beulin qui s'active depuis des semaines sur ce dossier - il a rencontré les ministres concernés, les principaux banquiers bretons, les professionnels... -, ne cache pas que la crise chez Doux devrait être l'occasion d'une remise à plat de la filière volailles française.
Elle perd dangereusement des parts de marché face à l'Allemagne, mais aussi la Belgique et la Pologne car elle est insuffisamment engagée dans des productions à valeur ajoutée et ses outils d'abattage sont trop nombreux ce qui génère d'importantes pertes de productivité.
Résultat, 40 % des poulets consommés annuellement en France sont importés. Le volume des achats hors de l'Hexagone a encore progressé de 7 % l'an dernier. Seule une réelle reprise en mains de la filière permettra d'inverser la tendance, "à condition d'y engager de très importants moyens financiers", précise un observateur.
Quant à Charles Doux, toujours principal actionnaire du groupe éponyme, il semblerait qu'il ne veuille plus préparer de plan de continuation. Il pourrait donc accepter l'option de cession choisie par les administrateurs.











