Les mutations du marché du prototypage rapide
Par Mirel Scherer - Publié le
Alliances de grands avec de petits, rachats tous azimuts, diversification dans les services… les constructeurs d’équipements de prototypage et de fabrication rapides cherchent de nouveaux leviers de croissance.
Emblématique, le cas de 3D Systems illustre le changement du marché des technologies de fabrication rapide de plus en plus prisées par les utilisateurs pour produire leurs pièces plastiques ou mécaniques. Le constructeur américain, premier à avoir mis sur le marché il y a vingt cinq ans une machine de prototypage rapide, fait feu de tous bois. Il a ainsi racheté plusieurs sociétés de service aux Etats-Unis, mais aussi en Europe. Comme CEP, un des fleurons français du service dans ce domaine. Pourquoi donc le constructeur américain a décidé de prendre le risque d’affronter directement les acheteurs de ses machines que sont les sociétés de service ?
« Percevoir au plus vite les besoins de nombreux utilisateurs de ces technologies dans l’automobile, l’aéronautique, le médical, etc. et pouvoir mettre en œuvre rapidement les innovations concoctés par l’équipe R & D aux Etats-Unis sont les principales raisons de cette démarche », décrypte Ziad Abou, directeur de CEP.
Le constructeur américain a également racheté BfB qui a bâti sa réputation sur la conception d’une machine à monter soi même et dont le prix n’est que de 1000 euros. Bien sûr, les performances de cet équipement capable de fabriquer par enroulement filamentaire des pièces plastiques ne sont pas comparables ni à celles de machines de production ni aux imprimantes 3D qui coûtent beaucoup plus. L’objectif de 3D Systems est en l’occurrence de démocratiser les technologies de prototypage rapide et de fabrication rapide en mettant par exemple, à la disposition des écoles un équipement bon marché. Les élèves d’aujourd’hui seront ainsi ses donneurs d’ordres de demain. Une machine que distribué également en France la société Multisation, une société qui représente en France d’autres constructeurs comme Arcam ou Cybaman. Originalité de ce dernier : fournisseur d’un petit centre d’usinage à grande vitesse, il concurrence les machines de fabrication rapide par fusion laser. Ses atouts : la précision et la productivité.
L’orientation vers les services fait boule de neige et on la rencontre chez d’autres fabricants de machines. Comme Voxeljet, le spécialiste des machines destinées à la fabrication rapide des modèles plastiques pour la fonderie. La société allemande a reconstruit une machine restée dans son atelier lors de sa séparation de ProMetal. Un équipement qui fabrique des modèles en sable de grande taille (4 x 2 x 1 m) et assurera une activité de service pour la fonderie.
Les alliances apparaissent également dans le domaine du prototypage rapide. Le numéro un mondial du marché, l’américain Stratasys c’est allié avec, excusez du peu, HP. Le fabricant d’imprimantes 2D qui exposait pour la première fois au salon Euromold 2010 ajoute ainsi à son catalogue l’imprimante 3D uPrint de Stratasys. Et teste ce modèle commercial dans cinq pays européens pour peser la pérennité de cette démarche.
Le prototypage rapide s’étend aux pays en voie de développement. Inventeur du procédé de prototypage rapide Stratoconception, le centre de transfert technologique Cirtes de St-Dié-les-Vosges renforce sa présence à l’international. Il créera en 2011 un de centre de prototypage, d’outillage et de fabrication rapides au Maroc.
Enfin, certains fabricants divorcent. C’est le cas de MTT, le spécialiste des équipements de fusion métallique laser qui a choisi le salon Euromold 2010 pour annoncer la séparation de sa filiale allemande. Rebaptisée SLM Solutions, cette dernière est en train de développer de nouvelles machines qui seront dévoilées probablement l’année prochain à Euromold. Rendez vous est pris…

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