Les moteurs de croissance de PSA: nouveaux modèles et mondialisation accrue
Le 28 juillet 2010 par Yann Le Houelleur
L’annonce des bénéfices moissonnés pendant le premier semestre 2010 a fourni l’occasion aux dirigeants du constructeur automobile français de rappeler leurs priorités : une augmentation des parts de marché en Europe comme ailleurs et l’accélération des lancements de nouveaux modèles.
Un bénéfice de 680 millions d’euros au premier semestre contre une perte nette de 962 millions d’euros pendant la même période en 2010 : le groupe PSA Peugeot Citroën a retrouvé la forme financière. Le chiffre d’affaires du constructeur automobile a progressé de près de 21 % pour s’établir à 28.394 milliards d’euros, à périmètre et change constants. A elle seule, la branche automobile a représenté 21,2 milliards d’euros, témoignant une hausse de 13,5 %. (PSA insère dans ses résultats financiers la participation qu’il détient dans l’équipementier Faurecia, le prestataire logistique Gefco ainsi que les comptes de la Banque PSA Finance.)
Si PSA renoue avec les bénéfices, c’est grâce à une stratégie à double tranchant : d’une part, la volonté d’accroître ses parts de marché en lançant de nouveaux modèles à un rythme accéléré ; d’autre part le passage à la vitesse supérieure en ce qui concerne la production hors de l’Europe. Lors de la présentation de ces résultats semestriels, Philippe Varin a mis en exergue les ambitions du groupe dont il préside le directoire. «Dans cinq ans, nous devrions réaliser la moitié de nos ventes sur les marchés non européens.»
Précision fournie à l’Usine Nouvelle par la direction de la communication : à l’heure actuelle, la production de PSA dans les pays émergents où il fait tourner des usines (soit en solo, soit avec des partenaires) représente 36 % de la production mondiale du groupe.
Une joint-venture supplémentaire en Chine
Quels sont ces pays où la marque au lion et celle aux chevrons a tenté sa chance ? La Chine, le Brésil et l’Argentine ainsi que la Russie. Pour ce qui est de l’ex-empire du Milieu, la capacité de production de PSA est de 450.000 véhicules cette année provenant de quatre usines. Lié à Dongfeng par le biais d’une joint venture, PSA met sur pied d’une co-entreprise avec Chang’an, encore soumise à l’agrément des autorités chinoises. PSA considère que les niveaux de production actuels sur le premier marché automobile mondial s’avèrent très insuffisants, sachant que l’ensemble des constructeurs y ont écoulé l’an dernier plus de 13 millions d’unité. Par contre, confie-t-on au siège du constructeur tricolore à Paris, il est hors de question, pour l’instant, que le groupe assemble des modèles en Inde, un marché où il fut présent jadis et dont le dynamisme fait saliver tant de groupes étrangers. «Nous avons toutefois entrepris une étude pour mieux comprendre l’évolution de l’économie indienne.»
Inquiétudes concernant l'Europe
Comme tant de concurrents, le groupe PSA met les bouchées doubles sur des marchés lointains dans le dessein de compenser un probable ralentissement des ventes de voitures en Europe. Philippe Varin et l’état major du groupe sous l’aile de la famille Peugeot entrevoient «un environnement européen plus difficile» au cours du second semestre 2010. Ils prévoient même une pente glissante pour les ventes (tous constructeurs compris) : - 7 %. La fin de la politique de primes à la casse conduite par les gouvernements de plusieurs états européens est de nature à susciter bien des inquiétudes. Malgré tout, la division automobile de PSA s’attend à un équilibre de ses comptes pendant cette période.
Innovations s'étendant à toutes les gammes
Comment conjurer une conjoncture aussi incertaine? La solution prônée par PSA est l’enrichissement de la gamme des modèles, une stratégie qui semble avoir déjà porté ses fruits puisque la part de marché du constructeur français en Europe s’est élargie. «Pendant les douze mois écoulés, précise-t-on à la direction de la communication, cette part est passée de 13,7 à 14,5 %.» Cependant, le budget destiné à la recherche et au développement devrait rester stable en 2010: 3,8 milliards d’euros.
La politique d’innovation de PSA irradie l’ensemble de ses gammes de voitures. L’an dernier, Peugeot a mis sur le marché la 3008, la 5008 et la 308 CC. De même, chez Citroën, la C3 Picasso et la nouvelle C3 ont pris leur élan. Parmi les nouveautés jalonnant l’année 2010 : le coupé sportif Peugeot RCZ et la Citroën DS3, une berline.
L’année prochaine, la 508 devrait faire une entrée fracassante dans la famille Peugeot, destinée à prendre la relève de la 407 et de la 607.

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