Les meilleurs éditeurs français de logiciels à la fête en 2010
Par Christophe Dutheil - Publié le
Ébranlés par la crise en 2009, les 100 principaux éditeurs français sont revenus sur le chemin de la croissance l'année suivante. Mais avec des résultats contrastés suivant leur taille et leur capacité à mener des opérations de croissance externe.
"Après une année 2009 marquée par la crise, on constate que les résultats des entreprises du secteur du logiciel se sont nettement améliorés au cours de 2010, particulièrement au troisième et au quatrième trimestre", lance Pierre Marty, associé de PwC responsable du secteur des logiciels en Europe. C'est en substance le constat qu'il fait lorsqu'on l'interroge sur la dernière édition du "Top 100 des éditeurs français". Une étude réalisée pour le compte de l'Afdel (Association française des éditeurs de logiciels).
Le chiffre d'affaire édition du Top 100 a cru de 13,8% l'an dernier, alors qu'il avait régressé de 1,40% un an plus tôt. "Mais tous les éditeurs n'ont pas profité à part égale de ce regain d'activité", précise Pierre Marty.
Les "consolidateurs" progressent plus vite
Toujours en tête de classement, Dassault Systèmes – qui a réalisé à lui seul 34% des recettes l'an dernier, avec un chiffre d'affaires "logiciel" s'élevant à 1,4 milliard d'euros – tire bien son épingle du jeu.
"En partie grâce au rachat d'Exalead, et surtout de la branche distribution d'IBM, il a généré une croissance de 28% de ses ventes en 2010", relève Loïc Rivière, délégué général de l'Afdel. Derrière lui, Cegedim est aussi passé de la cinquième à la deuxième place, notamment avec les rachats de Deskom, Pharmacie Gestion Informatique...
Mais à l'exception de Cegid (en quatrième place), d'Emailvision (21è) ou de STS Group (29è), notamment, l'Hexagone compte encore trop peu de "consolidateurs" de taille plus modeste. Ce qui s'explique, selon Loïc Rivière, par le nombre important d'éditeurs dont le chiffre d'affaires annuel n'excède pas 15 millions d'euros : 58 entreprises du Top 100 sont en dessous de ce seuil, et ne disposent donc pas des ressources utiles pour effectuer de grands rachats.
Le SaaS est moins lucratif à court terme
Passés dans les mains d'entreprises étrangères comme SAP, IBM et Sunguard, les champions nationaux qu'étaient Business Objects, Ilog ou GL Trade "n'ont pas été remplacés", regrette Loïc Rivière, en soulignant qu'on "est encore loin de voir émerger des leaders français de taille équivalente".
Dans l'immédiat, l'émergence de nouvelles solutions hébergées en mode SaaS pourrait aussi ne pas faciliter les choses. "Cela entraîne un phénomène de baisse faciale du chiffre d'affaires", relève Pierre Marty. Les licences, historiquement payées dès le début de la commercialisation, "sont remplacées par des abonnements", ce qui génère des pertes "le temps de passer d'un modèle économique à un autre".
Un exemple : le spécialiste de la gestion des infrastructures informatiques Staff&Line (en 93è place), précurseur dans le domaine des applications hébergées, a été confronté en 2010 à une baisse de 12% de son chiffre d'affaires (9,2 millions d'euros). La faute, d'après lui, à la progression des ventes de logiciels en mode SaaS, qui a eu pour contrepartie "une reconnaissance étalée du chiffre d'affaires dans le temps".

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