Les marchés des céréales extrêmement volatiles
Par Patrick Déniel - Publié leLes conditions de marché ont radicalement changé sur le commerce international des grains par rapport à la précédente campagne, expliqe ce matin Patrice Gollier, directeur du groupe coopératif InVivo lors de la présentation des résultats 2010-2011.
Le groupe enregistre en effet des résultats record grâce au commerce de céréales. InVivo a commercialisé en 2010-2011 environ 11 millions de tonnes. Il est le premier opérateur français en matière d'exportations de céréales. InVivo est notamment présent sur le Moyen-Orient, le Maghreb et l'Afrique Noire.
"Nous voyons actuellement le retour de la Russie et de l'Ukraine à l'exportation sur les zones où nous sommes, explique le directeur d'InVivo. Nous retrouvons donc un niveau de concurrence normal. Par contre, les fondamentaux de l'équilibre de l'offre et la demande n'expliquent pas la grande variabilité des prix. Il existe des flux de capitaux et de liquidités qui vont d'un endroit à un autre en passant par les marchés des matières premières agricoles, et qui font que les variations sont très difficilement lisibles et imprévisibles. Nous avons du mal à anticiper les évolutions des cours et le risque devient très élevé. Nous avons tendance à réduire la dimension de nos positions sur les marchés à terme".
"Les grands groupes du négoce, tel Cargill, Bunge ou Viterra, enregistrent des résultats en chute libre et suppriment des postes : on a jamais vu ça", poursuit Patrice Gollier lors de sa présentation de résultat.
"Pourquoi les marchés sont illisibles ? Tout le monde se pose la question et nous passons beaucoup de temps à chercher des réponses, explique Didier Nédelec, directeur général de la branche marché des grains d'InVivo. Les opérateurs raisonnent désormais à très court terme. C'est totalement disproportionné ! Personne n'anticipe plus rien. Il y a une peur malsaine et les grands traders sur-réagissent à toutes les nouvelles et il peut y avoir des variations de prix énormes d'un jour à l'autre… Cela impacte les marchés physiques comme les marchés à terme".
Le groupe coopératif est monté il y a quelques mois au capital de Toepfer International, une filiale allemande du groupe américain ADM spécialisée dans le commerce international afin d'avoir une meilleure visibilité sur les marchés internationaux, a rappelé aujourd'hui Patrice Gollier. Le groupe a également investi dans des technologies et modèles d'analyse des marchés. "Il y a une troisième dimension que nous voulons creuser, explique Didier Nédélec, c'est celle de la psychologie des marchés. La peur actuelle des opérateurs mène à la non-décision et au très court-terme…"

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