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Les machines agricoles guidées par satellite

Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
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Economies d'énergie, sécurité, culture de précision : les fabricants de machines agricoles profitent de la bonne conjoncture pour proposer sur leurs engins des technologies nouvelles qui répondent à ces demandes.

Il ne fallait pas s'étonner d'entendre parler italien, polonais ou russe dans les allées de la dernière édition du Sima (Salon international du machinisme agricole), qui s'est tenue du 4 au 8 mars à Paris-Nord Villepinte, parallèlement au Salon de l'agriculture. Et pour cause! La conjoncture est, sinon euphorique, du moins très bonne. Le marché français s'est stabilisé à 4 milliards d'euros. Et la production se montre particulièrement tonique, à 3,2 milliards d'euros, dont deux tiers à l'exportation. Un phénomène qui va s'accélérant, puisque les quantités de matériels exportés ont crû de 6 % en 2006, et doublé en dix ans. Sécurité, économies d'énergie, environnement : le secteur agricole n'échappe pas aux nouvelles demandes. Pour y répondre, les constructeurs de machines adoptent les technologies d'aujourd'hui, comme le GPS (Global Positioning System), la mécatronique ou encore les systèmes de régulation.

Ce qu'ils retiennent du salon

Benoist Franquet,

P-DG de Franquet, fabricant de matériels agricoles

Des perspectives encourageantes

«Cette édition nous pousse à l'optimisme. mais les perspectives demandent à être confirmées. Les céréaliers réinvestissent. après une année 2006 très mauvaise, l'activité est repartie début 2007. Les betteraviers eux aussi achètent de nouveau, après cinq à six ans de sous-investissement.»
Plébiscité par l'automobile, le GPS tient aussi le haut du pavé dans l'agriculture. Premier objectif : faire des économies de carburant et de productivité. Le GPS élimine ainsi les recouvrements lors des semis, par exemple. L'américain Teejet, qui fournit les principaux fabricants de tracteurs, a développé toute une gamme. «Nous allons du simple Tom-Tom pour agriculteurs à des systèmes complets d'auto-guidage, qui pilotent notamment les vannes des pulvérisateurs », rappelle Jaap Boot, le directeur de la filiale française.

Prévoir le comportement des récoltes

Le logiciel Visioplaine de la jeune PME parisienne Itelios ajoute un aspect traçabilité à la gestion de l'exploitation. Il permet d'assurer un suivi de chaque parcelle, de connaître les teneurs en engrais, les rendements... Avec Cerelia, Geosys va encore plus loin. Son logiciel, toujours grâce aux satellites, prédit le comportement des récoltes, avec une granularité aussi fine que 30 mètres par 60. «C'est-à dire la taille d'un pixel à l'écran », souligne Laurent Rabbé, qui travaille comme ingénieur chez Geosys.

Ce qu'ils retiennent du salon

Jean-Paul Papillon,

porte-parole du Syndicat général des constructeurs de tracteurs et machines agricoles (Sygma)

Les biocarburants dopent les investissements

«La confirmation par le gouvernement du plan biocarburants se ressent dans les intentions d'achat des agriculteurs, qui repartent à la hausse. Il signifie pour eux de nouveaux débouchés et des revenus plus sécurisés. mais nous craignons qu'une nouvelle flambée de l'acier ne renchérisse le coût des machines et ne mette un coup de frein à cette belle reprise.»
Tout est fait pour que l'exploitant dispose de données qui soient directement utilisables depuis son tracteur. Quand, en plus, le logiciel est à même de piloter les outils à partir de ces données, l'automatisation franchit un pas supplémentaire. C'est le cas chez Monosem, qui fabrique des semoirs. L'exploitant programme son terminal présent sur le tracteur, afin d'obtenir une densité de graines à l'hectare. Grâce à cette donnée et à un radar qui détermine la vitesse en temps réel, le système SeedDrive régule l'avancée du tracteur et la dépose des semis, en agissant sur les moteurs hydrauliques. «Nous compensons même le patinage », explique Xavier Couval, le responsable des ventes. Et c'est le semoir qui s'occupe de tout. Le terminal présent sur le tracteur devient un élément passif.

Cela illustre la tendance actuelle : les outillages complexes s'émancipent du tracteur auquel ils sont reliés. Une mutation progressive, comme le prouve Hydrokit. Il propose un boîtier qui connecte physiquement un outil à un tracteur, à la fois hydrauliquement et électriquement.

Une sécurité totale pour l'opérateur

Un impératif, l'interchangeabilité des outils doit se faire rapidement. Et surtout sans perte d'huile, pour des raisons de pollution. C'est tout l'objet d'un brevet déposé par le fabricant français de débroussailleuses Rousseau. Il permet en quelques secondes de déconnecter et reconnecter à la fois les liaisons mécaniques et hydrauliques. «La difficulté majeure résidait dans les fortes puissances hydrauliques en jeu », ajoute Michel Recanati, le directeur général de la société. Résultat : pas une goutte d'huile par terre. Et surtout une sécurité totale pour l'opérateur grâce à un boîtier débrochable.

Une sécurité totale pour l'opérateur

Ce qu'ils retiennent du salon

Nicolas Douchet,

éleveur dans l'Oise

Un moyen pour améliorer la traçabilité de ma production

«J'ai testé un système de géolocalisation et d'exploitation des ressources par satellite pour mes 180 hectares. On nous demande une traçabilité quasi quotidienne sur la nourriture des vaches laitières, et plus de transparence sur nos pratiques. Ce système permet de connaître les traitements et engrais présents dans le sol. »


Un souci de sécurité qui se retrouve chez Poclain Hydraulics, fabricant de moteurs hydrauliques pour applications mobiles. La vitesse maximum de déplacement de ceux-ci est passée de 25 à 40 km/h au niveau européen. «Cela oblige à faire tourner les moteurs plus vite, mais aussi à les freiner différemment », prévient Maurice Denis, le directeur de Poclain Hydraulics. Aussi, avec Smart Drive, il a fait appel à une électronique de régulation pour gérer les transmissions hydrauliques. A un freinage statique assuré par le moteur, elle ajoute une composante dynamique.

Mieux gérer sa motorisation, c'est plus de sécurité mais aussi des économies d'énergie. Tel est l'objectif de l'italien Comer Industries avec un système de mesure du couple des outils reliés à un tracteur. Il élimine les risques de blocage du matériel et protège l'outil ainsi que l'opérateur. «Les industriels des travaux publics sont également intéressés par cette technologie », se réjouit Pascal Froment, le directeur de la filiale française.

Jean-Pierre Vernay

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