Les loueurs de linge fixent de nouvelles règles
Par Rédaction L'Usine Nouvelle - Publié le
Incontournables dans l'industrie, ces sous-traitants imposent aux confectionneurs un cahier des charges très précis et une réactivité accrue.
Leur progression a été fulgurante. En moins de dix ans, les loueurs de linge ont récupéré un quart du marché du vêtement professionnel. Les quatre grands français, Elys, puis à quelques longueurs RTB et RLD, et enfin Anett, gèrent aujourd'hui les tenues d'une bonne part de groupes industriels. Ils assurent l'externalisation des coûts d'entretien et une gestion flexible de stocks textiles, amenés à varier avec les effectifs et le recours à l'intérim. Pour les loueurs, ce ramassage quotidien ou hebdomadaire constitue un marché de volume, mais à très faible marge qui rend stratégique la fonction achats des tenues. « Ce poste représente pour nous de 15 à 20 % du chiffre d'affaires », reconnaît Philippe Eugène, le directeur commercial de RLD (140 millions d'euros de chiffre d'affaires, 27 usines en France, 2 000 collaborateurs et 200 tonnes de linge traités par jour).
Ces nouveaux donneurs d'ordres imposent aux confectionneurs des exigences accrues. Les produits destinés au nettoyage industriel ne présentent pas les mêmes caractéristiques techniques que ceux destinés à l'entretien ménager des locaux de bureau. Le choix des accessoires, des fermetures, des marquages, des lichettes (attache du col pour suspendre le vêtement), le montage sont particuliers. Pour limiter leurs stocks, les loueurs imposent aussi aux confectionneurs une réactivité accrue. Ce sont en majorité des groupes textiles français ou belges, dont les usines s'étendent rarement au-delà de la zone Euromed. Ils leur demandent également de suivre les tendances. Tout en gardant une certaine distance. « Nous suivons la mode... avec cinq années de retard, confirme Philippe Eugène. Nos vêtements ne doivent pas être trop marqués. Les poches treillis, par exemple, ne sont apparues sur nos pantalons qu'il y a deux à trois ans à peine. Nous cherchons avant tout la robustesse. »
Enfin, les loueurs ont tout intérêt à ce que les tenues qu'ils proposent soient le plus techniques possible, et passent dans la catégorie des EPI. Ceux-ci sont vendus en moyenne 15 % plus chers que les « tenues classiques » et surtout assortis d'une contrainte réglementaire : au bout de 50 lavages, ils doivent être systématiquement remplacés.
Publié la semaine du 17 au 23 janvier 2008

dans la même rubrique
27/05/2012 Un mastère à l’international nuclear academy27/05/2012 Le papetier qui veut protéger les forêts
27/05/2012 Production












