La France a-t-elle définitivement perdu son talent commercial ? On pourrait le croire en regardant les derniers chiffres du commerce extérieur, qui accuse un déficit de 68 milliards d'euros. Fatalité ? Certainement pas.
Certains secteurs ont un indéniable talent pour vendre leur production à l'étranger. Celui du vin, par exemple ! Depuis plus de huit siècles, notre territoire exporte ce précieux breuvage. Et l'on pense souvent, à tort, que ce succès est dû à la position géographique exceptionnelle de notre pays. Il n'en est rien.
Le climat n'est pas le principal avantage compétitif de ce secteur. Selon "L'Histoire de la vigne et du vin en France", rédigée par Roger Dion, ce sont la qualité des voies de communication, l'esprit d'entreprise des vignerons, les protections accordées par l'État, le contrôle qualité orchestrée par la corporation et l'écoute client qui ont permis et permettent encore aujourd'hui aux vins français d'être les champions du monde des exportations.
Pour s'en convaincre, il suffit de lire le chapitre consacré aux vignobles de la Seine. On y apprend que Vernon, par exemple, produisait un fameux vin blanc. Et surtout que, pendant deux siècles, les vins de France, comme on les appelait alors, ont confisqué les marchés de l'Europe du Nord, leur principal débouché.
Leur atout maître n'était évidemment pas le climat, mais leur position géographique. La Seine et ses ports de Rouen et du Havre leur permettaient d'expédier rapidement les tonneaux de vins dans les cités flamandes. Un exemple à méditer pour le futur ministre du Commerce extérieur...









