Malgré les 36 millions de personnes qui en souffrent dans le monde, la maladie d'Alzheimer n'a toujours aucun traitement. Et plusieurs essais de nouveaux médicaments ont rencontré des difficultés récemment.
Pour célébrer la journée mondiale contre Alzheimer, Francois Hollande faisait le point ce vendredi 21 septembre avec le Comité de suivi de lutte contre cette maladie. Malgré les trois plans précédemment mis en place, la mise au point de traitements contre la forme la plus commune de la démence reste longue et laborieuse. Les médicaments lancés ces dernières années, destinés à retarder l'évolution des symptômes, ont été récemment déremboursés en France. Et plusieurs essais chez l'homme d'une nouvelle famille thérapeutique - des anticorps monoclonaux attaquant l'amyloide, une protéine dangereuse pour le cerveau - ont connu de spectaculaires échecs ces derniers mois. Comme le bapineuzumab, une molécule développée par les laboratoires Janssen, Pfizer et Elan, stoppée en phase 3, soit l'ultime phase de tests chez l'homme avant une éventuelle commercialisation !
Lilly a eu un peu plus de chance. Sa molécule, le solanezumab, n'a pas atteint ses objectifs prioritaires lors de la phase 3. Mais le groupe pharmaceutique américain travaille avec les autorités réglementaires pour voir si le produit pourrait générer un ralentissement chez les patients n'ayant pas encore développé les symptômes de la maladie. De nouvelles et coûteuses études complémentaires pourraient lui être demandées. Or elles sont particulièrement fastueuses pour cette maladie à la progression très lente. Lilly, qui a pourtant commencé ses recherches en la matière dans les années 90', travaille aussi sur un autre mode d'action, en phase 2. Tout comme ses concurrents Roche, BMS ou Merck. Mais rien ne devrait arriver sur le marché avant 2016.
Miser sur la détection précoce et la prévention
Pis, selon le cabinet d'études GlobalData, l'industrie estimerait de plus en plus que le futur de la recherche dans la maladie d'Alzheimer pourrait résider dans la détection précoce et la prévention, plutôt que dans le traitement. "Aux Etats-Unis, repousser de cinq ans le déclenchement de la maladie permettrait de faire économiser à la société 447 milliards de dollars annuels jusqu'en 2050 ", cite Michael Hutton, directeur scientifique des maladies neurodégénératives chez Lilly. Avec d'autres laboratoires publics et privés, ils travaillent donc à la mise au point de biomarqueurs, notamment pour indiquer des taux de probabilité de survenue de la pathologie. Le spécialiste de l'imagerie médicale GE Healthcare s'intéresse aussi à cette maladie, pour "sensibiliser" les patients. Mais avant d'être soignés, ces derniers devront faire preuve de patience.









