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Ils ne connaissent (presque) pas la crise. L’enquête du CNISF sur la situation des ingénieurs, publiée en exclusivité par L’Usine Nouvelle dans son numéro du 25 juin 2009, montre une corporation confiante dans l’avenir de leur emploi et de leur entreprise. Mais consciente que leurs conditions de travail ne sortiront pas indemnes du retournement de l’économie.
Malgré la crise, les ingénieurs ne sont pas inquiets pour leur job. Selon l’enquête annuelle du Conseil national des ingénieurs et scientifiques de France (CNISF), publiée en exclusivité par L’Usine Nouvelle, seuls 12 % des ingénieurs craignent de perdre leur emploi en 2009, 74 % s’estimant à l’abri. « Les ingénieurs font preuve de réalisme, mais pas du tout d’esprit de panique, analyse Gérard Duwat, le responsable de l’observatoire des ingénieurs au CNISF. Globalement, le chômage des ingénieurs reste stable ». Leur taux de chômage ne s’élève en effet qu’à 3,4 %, alors qu’il atteint 8,7 % pour la population globale. Une situation toutefois plus nuancée en fonction des secteurs industriels concernés. Dans l’industrie automobile, près d’un ingénieur sur cinq pense que son emploi sera supprimé dans l’année, quand ils ne sont que 3 % dans l’énergie.
Le diplôme d’ingénieur assure néanmoins une certaine protection contre la crise. Des entreprises continuent ainsi de recruter. Notamment dans le secteur du nucléaire, des énergies renouvelables ou de l’environnement en général. Dans les secteurs plus traditionnels, des opportunités restent également à saisir. « Nous faisons beaucoup moins de placements pour des postes en production, qualité ou logistique, mais beaucoup plus en R&D », souligne Bern Terrel, le directeur du département industrie, R&D et ingénierie du cabinet de recrutement Hudson.
Une piste à suivre pour les étudiants des écoles d’ingénieurs, qui seront diplômés en septembre prochain. Leur insertion risque en effet d’être plus lente que pour les promotions précédentes. Déjà, la promotion 2008 a subi le retournement de la conjoncture économique : 9,6 % des jeunes diplômés n’avaient toujours pas trouvé de travail en mars 2009 (six mois après l’obtention de leur diplôme), contre 4 % pour la promotion précédente.
Malgré tout, les ingénieurs demeurent confiants pour l’avenir de leur employeur. Près du tiers des personnes interrogées par le CNISF pensent que leur entreprise sortira renforcée de la crise et 32 % estiment qu’elle en sortira inchangée.
S’ils ne se sentent pas menacés dans leur emploi, c’est sur leurs conditions de travail que les ingénieurs ressentent les effets de la crise. Alourdissement de la charge de travail pour 35 % d’entre eux, réduction des revenus pour 21 %, voire chômage partiel pour quelques-uns, la crise les poussent à revoir leurs habitudes.
Cela risque toutefois de n’être que partie remise. « Quand l’économie repartira, la guerre des talents reprendra, pronostique Bern Terrel. Toutes les entreprises se battront pour les recruter, même la finance ».
Arnaud Dumas


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