Les industriels du GSM ont du mal à se diversifier
Par Hassan Meddah - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 2925Les fabricants de modules radio n'ont pas réussi à équiper les flottes de véhicules, les compteurs ou les distributeurs de boissons. Mais un coup de pouce des opérateurs mobiles pourrait changer la donne.
Pour Fleximatrix, c'est le marché de demain. Arrivé en France voilà quelques semaines, ce distributeur espagnol de composants électroniques mise sur les modules GSM/GPRS pour s'imposer dans l'hexagone. « Le marché français pourrait doubler cette année et dépasser les 500 000 pièces vendues », affirme Bernard Feltin, directeur commercial chez Fleximatrix. Conçues par des acteurs comme Sony Ericsson, Siemens ou Wavecom, ce type de cartes électroniques permet aux machines d'envoyer des informations sur le réseau de téléphonie mobile.
Ses applications sont multiples et vont des distributeurs de boissons aux flottes de véhicules en passant par les compteurs domestiques ou les terminaux de paiement... « Toutes les machines équipées d'un processeur ont potentiellement quelque chose à dire sur leur état », explique Michel Alard, le président de Wavecom. Voire... Après plusieurs années d'évangélisation, le marché tarde à décoller. L'an dernier, il s'est en effet vendu moins de 7 millions de modules pour machines dans le monde. Une goutte d'eau comparée aux 520 millions de téléphones mobiles écoulés en 2003...
Depuis avril, Orange propose une plate-forme de télémétrie
Cependant la situation pourrait évoluer assez rapidement. Les opérateurs de téléphonie mobile sont en effet en train de changer d'appro-che. Après avoir quasiment fait le plein d'abonnés dans leurs pays, ils sont désormais plus réceptifs au marché des machines communicantes. En février, SFR a par exemple créé un abonnement ad hoc à partir de 5 euros par mois et une facturation adaptée aux petits volumes de données transmis. « Jusqu'ici les tarifs étaient prohibitifs. L'offre devient désormais compétitive par rapport à une connexion filaire », se réjouit Bernard ltin. Depuis avril dernier, Orange propose également une plate-forme de télémétrie « qui, selon l'opérateur, permet de développer en quelques semaines et non en quelques mois une nouvelle application ».
Mais pour vraiment changer la donne, les fabricants de modules devront s'attaquer aux problèmes d'intégration auxquelles font face leurs clients. Un sacré défi ! « Ce marché est plus compliqué et moins mature que celui de la téléphonie mobile. Non seulement les applications sont très diverses mais la chaîne d'acteurs est plus complexe », constate Laurent Laparra du cabinet Greenwich Consulting. Un point d'autant plus important que les intégrateurs qui doivent adapter le module à l'application demandée (gestion de flottes de véhicules, télédiagnostic de pannes, antivol, télérelève de compteurs...) sont souvent les acheteurs de modules. Or ces intermédiaires n'ont pas la taille suffisante pour traiter des grosses affaires.
Pour réduire le travail d'adaptation, Wavecom propose d'ajouter un microprocesseur et de la mémoire au module. « Le client n'a plus qu'à développer ou faire développer l'application logicielle correspondant à ses besoins », explique Michel Alard de Wavecom. Siemens pense qu'il faut aller plus loin. « Nous devons nous engager plus en amont auprès des clients. Nous sommes capables de gérer des projets de plusieurs centaines de milliers de pièces contrairement à des intégrateurs spécialisés qui n'ont pas forcément les ressources financières suffisantes », indique Marc Tastayre, patron de l'activité des modules en France.











