Les industriels de la moto s'exposent sur un marché en berne
Par Barbara Leblanc - Publié le
Honda, Yamaha, Suzuki ou encore Peugeot Scooters ont tous rendez vous à compter de ce 29 novembre porte de Versailles pour une nouvelle édition du salon de la moto. Un retour remarqué de cette manifestation après quatre années d’absence, notamment du fait de la crise.
Tous les grands noms de la moto, du quad et du scooter sont là. Honda, Yamaha, Suzuki, Kawasaki, l'allemand BMW, le français Peugeot Scooters, l'italien Piaggio ou encore l'américain Harley-Davidson…aucun ne manque à l’appel. Une première depuis 2003, selon le commissaire général du salon de la moto, Thierry Hesse.
Il faut dire que depuis la crise est passée par là, et les ventes de deux ou trois roues ont fondu comme neige au soleil. Encore en 2011, les ventes reculent de 7,1% sur les dix premiers mois de l’année, à 166 000 unités, d'après les chiffres de la Chambre syndicale internationale de l'automobile et du motocycle (Csiam).
La faute aux scooters d'abord : leurs ventes ayant atteint des sommets les années précédentes, l’effet de comparaison est forcément négatif. Les livraisons sont en retrait de 3,4% depuis le début de l’année.
Mais le segment qui fait chuter le marché est surtout celui des motos de moins de 125 cm3. Leurs ventes reculent de 13% en octobre, mais de plus de 17% depuis le début de l'année. "Ce type de motos ou scooters paye le prix d'une nouvelle législation imposant l'obligation d'une formation si le conducteur ne possède pas le permis, la crise et une offre qui n'est pas suffisante pour vaincre le succès de la marque Piaggio, devenue numéro 3 du marché", souligne un porte parole de la Chambre Syndicale Internationale de l'Automobile et du Motocycle (Csiam).
En effet, si Honda et Yamaha tiennent toujours le haut du classement, des marques symboles comme Suzuki et Kawazaki payent le succès du trois roues de Piaggio, selon la CSIAM. Ce modèle trouve de plus en plus de preneurs, qui préfèrent ce concept à un modèle de moto petite cyclindrée, et ne se voit pour l'instant pas concurrencé. Peut-être par le véhicule proposé par MBK Peugeot dans quelques semaines ? Faut-il encore que le constructeur français résiste à la restructuration annoncé par PSA début novembre.
Dans l'expectative
Face à toutes ces données, les constructeurs attendent donc beaucoup du salon pour sortir de l'expectative dans laquelle ils se trouvent. Certaines de leurs innovations ont déjà été dévoilées au salon de Milan.
Les équipementiers sont aussi de la partie, même si les grandes marques de pneu moto, comme Michelin ou Pirelli sont absents des stands. Le salon a justement été conçu pour les intégrer dans les allées entre les grands noms de la moto. Et ainsi tenter de relancer toute la filière.
Comme dans le secteur automobile, l’électrique prend une grande place cette année. Par exemple, Peugeot Scooters, dont la restructuration vient d’être annoncée par PSA, débarque avec son concept Metropolis dans une version presque définitive. Sa commercialisation est attendue pour fin 2012.
Les organisateurs du salon veulent faciliter l’arrivée de ces véhicules d’un nouveau type sur le marché. Ils permettent aux visiteurs de tester les modèles électriques sur une piste en intérieur.
Ce type de véhicule symbolise donc la lente décrue du motard traditionnel et l’apparition d’une nouvelle clientèle d’une trentaine d’année pour qui la moto est avant tout une nécessité pour faire face aux problèmes de circulation dans les grandes villes, affirme Thierry Archambauld, président délégué de la Chambre syndicale internationale de l'automobile et du motocycle (Csiam).
Pour autant, le salon de la moto ne veut pas rompre avec les traditions et propose des expositions sur les grandes légendes du secteur. L’une d’elles est consacrée au 50e anniversaire de la première participation de Yamaha à un Grand Prix du championnat du monde de vitesse moto.
Le commissaire général espère bien dépasser la barre des 200 000 visiteurs cette année, même s’il confie que 150 000 entrées représenteraient déjà un succès. Quant à la conjoncture pour 2012, "personne ne donne de prévisions pour l'instant, assure-t-on à la CSIAM. Les espoirs résident dans toutes les nouveautés, même si toutes ces initiatives additionnées, cela ne suffira pas".

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