Les industriels à l’assaut de la grippe aviaire H7N9

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Qu’ils fabriquent vaccins, médicaments ou tests de diagnostic, les laboratoires sont tous sur les rangs pour prévenir une épidémie de H7N9. Le marché attire même des acteurs de l’électronique.

Elle n’est pas transmissible d’homme à homme. Pour l’instant. Mais la grippe aviaire H7N9 qui sévit en Chine n’en reste pas moins inquiétante. Avec 126 personnes contaminées en Chine en un mois, dont 24 sont décédées, ce "virus est inhabituellement dangereux", insiste l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Sa principale crainte ? Qu'une mutation de cette souche ne génère des contaminations entre hommes, au risque de déclencher une pandémie.

Sans surprise, tous les groupes pharmaceutiques sont donc sur les rangs, pour mettre au point le vaccin qui permettrait d’immuniser la population, ou encore de protéger les volailles. Les big pharmas, en particulier, ont toutes en mémoire l’épidémie grippale du virus H5N1, qui a causé plus de 360 morts dans le monde depuis 2003 selon l'OMS. Et avait rapporté gros à Novartis, Sanofi-Pasteur et GSK, dont les vaccins avaient inondé la planète en 2009. Pour s’attaquer au H7N9, les stratégies divergent.

Pas de vaccin avant quelques mois

Chez Sanofi Pasteur, la division vaccins du français, on  reconnaît surveiller étroitement l’évolution de la situation. Mais la prudence est de mise. "La notification des cas de transmission humaine du virus A (H7N9) en Chine est récente. Le premier cas a été notifié à l’OMS le 25 mars 2013. Il est de ce fait trop tôt pour appréhender l’importance de ces cas de grippe", nous confie une porte-parole. Même si "en tant que producteur mondial de vaccin contre la grippe, Sanofi Pasteur s’est engagé à aider les autorités à répondre aux problèmes de santé publique liés à la grippe". 

Autorités sanitaires, OMS et industriels échangent afin d’étudier plusieurs pistes de vaccins, même si aucune ne devrait déboucher avant quelques mois. Néanmoins, le suisse Novartis semble avoir déjà bien avancé. Après avoir procédé à l'analyse des codes génétiques du virus, publié par les Chinois, il "serait aujourd'hui en mesure de développer d'ici 6 à 8 semaines un vaccin pour de premiers essais cliniques", selon son directeur général.

La course aux tests de diagnostic

Mais les big pharmas ne sont pas les seuls à vouloir se positionner. Le laboratoire suisse Roche estime aussi avoir une carte à jouer avec son médicament antiviral Tamiflu, dont la France avait constitué des stocks massifs lors de la pandémie grippale de 2009. Des tests réalisés par l’OMS auraient démontré l’efficacité de ce traitement contre la souche H7N9, nous indique Roche. Même s’il existe un risque que le virus ne devienne résistant à ce type de médicament, prévient l’OMS. Mais ce n’est pas tout, la division Diagnostics de Roche est aussi sur le pied de guerre. Son but ? Développer des tests permettant de détecter les deux gènes de cette souche. Une course contre la montre, face à un virus qui évolue très rapidement. 

En France, Roche Diagnostics a été en mesure de fournir rapidement des tests utilisant la technologie de "PCR en temps réel" (réaction en chaîne par polymérase) aux deux Centres Nationaux de Référence (CNR) pour la grippe. Pour y parvenir, il s’est allié à une société allemande, TIB Molbiol. Cette dernière a planché sur le design des amorces et de la sonde indispensables au test dès le mois de mars. Avant de mettre au point des kits de diagnostic utilisant les réactifs et les automates de Roche.

Le labo sur puce de STMicroelectronics sur les rangs

Si les CNR valident cette technologie et que le besoin se fait sentir, les tests pourraient ensuite être mis à disposition d’hôpitaux. Mais "il ne faut pas voir cette démarche sous l’angle de la rentabilité, car il n’y a pas de marché pour l’instant, estime Nathaël Menras, responsable marketing de la division Applied Science de Roche Diagnostics. Les CNR sont nos clients historiques. En tant que leader en France sur le marché du diagnostic in vitro, il est important que nous remplissions notre rôle de fournisseur et démontrions notre réactivité." Mais attention, une concurrence inhabituelle est apparue. Avec sa filiale singapourienne Veredus, spécialisée dans la biologie moléculaire, le leader mondial des semiconducteurs STMicroelectronics vient d’indiquer que son laboratoire sur puce portable VereFlu était lui aussi capable de détecter le H7N9.

Gaelle Fleitour

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