Les grands patrons proposent un "pacte économique et social" pour 2012
Par Barbara Leblanc - Publié le
Les entreprises privées veulent mobiliser les candidats à l’élection présidentielle sur les thèmes de la réduction des dépenses et du celui du coût du travail.
L'Association française des entreprises privées (Afep) détaille le 15 novembre un ensemble de propositions visant à placer au cœur de la campagne présidentielle le grand sujet de la compétitivité française. L’association présidée par Maurice Lévy veut permettre aux entreprises françaises d’être plus fortes dans la compétition internationale. C’est ce qu’elle suggère dans un rapport envoyé aux principaux candidats que les Echos et le Figaro ont pu se procurer.
Parmi les principales pistes avancées par l’association regroupant les plus grands groupes français se trouvent notamment la réduction du coût du travail avec la création d’une TVA sociale, l’assainissement des finances publiques par la baisse des dépenses et la suppression des 35 heures.
Sur la question du coût du travail, ce "nouveau pacte économique et social" estime que si la France veut se réindustrialiser et monter en gamme, il faut défendre son secteur des services et ainsi créer des emplois. Le rapport se veut critique à l’égard du modèle économique français basé sur les prélèvements portant sur le travail. Il prend pour exemple l’Allemagne notamment dans sa proposition de "passer la TVA à 21%. Cela permettrait "une recette supplémentaire de 13 milliards d’euros et donc un allégement d’autant de la part des cotisations sociales". Le rapport évoque aussi des recours à la CSG ou à la taxe carbone pour baisser le coût du travail.
Les 35 heures, un handicap
L’association insiste sur ce qui est "un préalable incontournable", soit la maîtrise des dépenses. Il faut selon elle établir une règle d’or, selon laquelle "toute augmentation d’un euro des prélèvements obligatoires doit être accompagnée d'un euro de diminution des dépenses". Sur ce plan, l’Afep réclame des efforts supplémentaires sur la baisse du coût de l’assurance chômage ou sur la réduction de la masse salariale des collectivités locales.
Reste enfin la question des 35 heures, qui serait un handicap pour les entreprises. L’Afep encourage donc les candidats à engager "une négociation sur le sujet entre les partenaires sociaux et avec les pouvoirs publics" pour avancer sur la suppression de ce mécanisme.
Parmi les autres pistes avancées par le rapport, le crédit impôt recherche devrait être renforcé et l’épargne davantage orientée vers le financement des entreprises. L’Afep attend aussi un allégement de l’impôt sur les sociétés dans le cadre de l’harmonisation avec l’Allemagne.
Les entreprises s’engageraient selon les termes de ce pacte "à développer l’employabilité notamment en révisant l’organisation de la formation professionnelle ou en confiant la politique d’apprentissage aux entreprises".
L’association dit attendre "des positions claires de la part de chacun des candidats" sur l’ensemble de ces questions. Son président assure que "l’Afep ne veut pas être actrice de la campagne". "Mais la situation économique est suffisamment préoccupante pour que chacun apporte sa contribution", souligne Maurice Lévy.
Le rendu de ses propositions coïncide avec l’annonce ce 15 novembre par le Medef d’un scénario de réforme du financement de la protection sociale. C'est en inscrivant la baisse du coût du travail sur le terrain de la défense de l'emploi, en particulier industriel, que le MEDEF veut influencer les candidats à la présidentielle.

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