Dernier exemple en date : Unilever lance sa première gamme de produits bio en France sous la marque Knorr. Les grandes marques veulent démocratiser l’accès aux produits biologiques.
Les grands noms de l’alimentaire se mettent au bio. Après Kraft, qui a lancé il y a quelques semaines ses premiers biscuits bio sur le marché français, après Lesieur qui sort trois références d’huiles bio, après Heinz, qui commercialise le premier ketchup bio… voici maintenant Unilever, qui annonce trois références de soupes de légumes bio, après avoir lancé il y a peu des aides culinaires (les bouillons) sous le fameux logo AB. Une première mondiale pour géant anglo-néerlandais, qui devrait « convertir » d’ici peu une autre de ses marques au bio.
« Notre rôle de marque nationale est de démocratiser le bio, explique Serge Adida, responsable de la marque Knorr chez Unilever. Tant que le bio était une niche, nous n’avions pas droit de cité. Aujourd’hui nous sommes beaucoup plus légitimes : les trois quart des foyers français ont consommé au moins un produit bio sur les douze derniers mois. Ce n’est plus une niche. Nous avons l’ambition de faire des volumes importants avec cette gamme ».
Pour la marque, pas question de cibler les « accros » du bio, une clientèle estimée à 310 000 foyers environ, qui ne fréquentent pas la grande distribution mais plutôt des circuits spécialisés, et qui est réfractaire aux grandes marques. Il ne vise pas non plus les 1 millions de foyers de « gros consommateurs » de bio, mais plutôt les « bio-convertibles », qui ne sont pas encore passés au bio, mais qui y réfléchissent. « Ces consommateurs fréquentent les grandes et moyennes surfaces, veulent une offre large et des prix intéressants, poursuit Serge Adida. Nous estimons ce vivier de consommateurs à 3,7 millions de foyers ». Un potentiel que son concurrent Liebig a lui aussi perçu, puisqu’il lance également une offre dans les prochaines semaines.
Un souci : le sourcing des produits, problématique, quand on sait qu’à peine 2 % des surfaces agricoles sont consacrées au bio en France. Chez Unilever, les approvisionnements sont classés « secret défense ». Tout juste saura-t-on que pour alimenter l’usine alsacienne de Duppigheim (Bas-Rhin), où une ligne a été réservée au bio, le groupe achète des légumes principalement en France et en Allemagne, mais aussi « en dehors de l’Europe » pour une partie des matières premières. « Nous réservons nos achats six mois à l’avance pour être sûrs d’avoir la matière première », explique le responsable de la marque.
Patrick Déniel


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