Les grandes entreprises déçues par leurs efforts d’innovation

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Cadres en entreprise
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D’après une étude mondiale d’Accenture, inédite en France, si les entreprises investissent toujours plus dans l’innovation, les résultats ne seraient pas à la hauteur de leurs attentes. En cause, leur manque de prise de risque, analyse le cabinet.

À ce rythme-là, l’innovation n’aura bientôt plus le vent en poupe. Une étude du cabinet Accenture, indique maintenant que "malgré des investissements croissants dans l’innovation, seuls 18 % des dirigeants pensent que les efforts de leur entreprise en la matière leur apportent un avantage concurrentiel". Une déception qui serait due à un manque de prise de risque de la part des entreprises et... à un manque de structuration des process. Mais ça, c’est plutôt une raison qui arrange le cabinet qui a payé l’enquête et qui a justement des solutions à proposer.

L’innovation moins stratégique ?

Mais ce n’est pas encore la pétole (calme plat) en matière d’innovation dans les entreprises. La majorité (51 %) des 519 organisations de plus de 100 millions de dollars de chiffres d’affaires dans plus de 12 secteurs d’activité aux États-Unis, en France et au Royaume-Uni montre, ont augmenté leurs investissements dans l’innovation. Et 93 % des cadres dirigeants interrogés pensent toujours que le succès à long terme de leur stratégie dépend de leur capacité à innover. 70 % d’entre eux placent même toujours l’innovation parmi les cinq premières priorités de leur entreprise. Mais, ils se disent moins satisfaits des performances de leur entreprise en matière d’innovation qu’en 2009, lors de la précédente édition de l’enquête.

Les grandes entreprises rétives au risque

En creux, ce serait quand même plus d’un tiers des dirigeants qui ne considèrent pas l’innovation comme stratégique : 23 % dans le top 10 des priorités, 6 % important mais pas une priorité et 1 % pas important ! Certes, il ne s’agit que de cadres dirigeants de très grands groupes, moins agiles que des PME ou des ETI. Surtout, ces organisations (46 %) peinent beaucoup plus à accepter à la prise de risque sur de nouvelles idées inhérentes à toutes politiques d’innovation efficaces. L’étude est d’ailleurs intitulée "Why 'Low risk' innovation is Costly". L’innovation incrémentale reste reine. Mais déçoit.

Un problème de process, vraiment ?

Par cette étude, Accenture tente néanmoins de démontrer que "les entreprises qui ont des systèmes formels de gestion de l’innovation sont près de deux fois plus nombreuses à se dire très satisfaites de leurs capacités à générer des idées (43 % contre 24 %), tandis que 38 % (contre 22 %) sont très contentes du retour sur investissement que leur apporte l’innovation." Mais est-ce un problème de process ou de culture ?

Aurélie Barbaux

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1 réaction

Foyaller | 17/06/2013 - 14H46

Certaines entreprises ne cessent jamais d'innover, avec des retour inégaux certes, mais sans s'arrêter. Ce qui leur donne savoir-faire, expérience, réactivité, crédibilité et - un peu plus - de pertinence stratégique.
On ne peut juger une nouvelle activité sur 3 ans, surtout si on a ... peur ... de s'y mettre vraiment. C'est comme si on avait arrêté la Qualité en 1995!
Imaginez une armée sans commandos d'élite, et vous aurez une image d'une entreprise sans innovation.

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