Ecoles d'ingénieurs et de management adressent leurs propositions aux candidats à l'élection présidentielle. Elles en appellent à une politique industrielle forte.
"Réindustrialiser la France est un objectif majeur, rien n'est perdu !" Hervé Biausser, directeur de Centrale Paris et vice-président de la Conférence des grandes écoles (CGE), y croit dur comme fer : les écoles d'ingénieurs, associées à celles de management, peuvent apporter leur pierre à l'édifice de la réindustrialisation, que tous les programmes électoraux veulent reconstruire.
"Il faut une politique industrielle beaucoup plus affirmée, poursuit-il. Nous avons des idées, et sommes prêts à travailler sur ces sujets avec les représentants des entreprises et les pouvoirs publics."
A l'approche de l'élection présidentielle, la Conférence des grandes écoles publie une série de propositions, intitulée "Pour une société de la connaissance et de la compétence", qui sera adressée à tous les candidats et aux parlementaires.
Rapprocher le monde enseignant de celui des entreprises
Au chapitre "Engager les grandes écoles au service de la réindustrialisation de la France", la CGE avance l'idée de confier à des couples écoles d'ingénieurs/écoles de management, une analyse prospective de couples produits/marchés sur un territoire donnée, en lien avec les partenaires locaux.
"Il faut surtout aider les PME et les ETI, qui ont une immense soif de compétences, de recherche et d'innovation", poursuit Hervé Biausser. Centrale Paris a organisé une première réunion avec des PME, 140 se sont déplacées ! "Les PME sont persuadées que les diplômés des grandes écoles veulent tous aller dans de grands groupes. Ce n'est plus toujours vrai ! Ca bouge…"
Parmi ses propositions, la CGE demande à l'Etat de prendre "des mesures incitatives pour soutenir l'embauche de diplômés à haut potentiel d'innovation dans les PME".
Interface entre l'éducation nationale et le marché du travail, l'instance représentative des écoles regrette de ne pas avoir été associée à la réforme des bacs technologiques. "Nous recrutons ces élèves, insiste Hervé Biausser, nous sommes en contact avec les entreprises qu'ils vont intéresser, nous avons des choses à dire sur le contenu de leur formation." La CGE aimerait d'ailleurs rapprocher le monde enseignant de celui des entreprises.
Et "inventer des formations nouvelles à l'économie générale, aux réalités des entreprises et à la société de l'innovation pour journalistes, parlementaires, syndicalistes, juges, etc." Ses écoles sont évidemment prêtes à assurer cette formation continue qui leur apporterait des ressources bienvenues…

La CGE s'est livrée à une "analyse provocatrice", selon Pierre Tapie, son président. Un graphique fondé sur des données de l'OCDE, montre qu'il n'existe aucune corrélation entre le taux de chômage des jeunes dans un pays et leur niveau d'accès à l'enseignement supérieur. Exemple bien connu, l'Allemagne, où un tiers seulement des jeunes poursuivent des études, et où le taux de chômage des 15-24 ans est de 10%. En France, où 60% passent par le supérieur, 23% sont en recherche d'emploi. La Suède fait encore moins bien : 70% de jeunes accèdent à l'enseignement supérieur, mais 25% sont au chômage. "Ceux qui prétendent qu'on résoudra le chômage de jeunes en les poussant vers l'enseignement supérieur n'ont pas de fondements rationnels", conclut Pierre Tapie.
Conférence des Grandes Écoles - Février 2012
Palmarès des écoles d’ingénieurs 2013









