Les futures réformes sociales, c'est eux !
Par Par Agnès Laurent, avec Anne-sophie bellaiche et arnaud dumas - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3099Pour remplacer Denis Gautier-Sauvagnac et Dominique de Calan dans les organismes paritaires et au Medef, Laurence Parisot a choisi des fidèles. Une dizaine d'hommes et de femmes, souvent novices, qui devront défendre le paritarisme face à un Etat vorace.
En à peine quelques mois, Laurence Parisot s'est davantage imposée au Medef qu'elle ne l'avait fait depuis son élection à la présidence en 2005. A la faveur de la crise qui, depuis l'automne, secoue l'Union des industries et métiers de la métallurgie (UIMM), elle a placé ses hommes et ses femmes. Et balayé le monopole que possédaient Denis Gautier-Sauvagnac et Dominique de Calan sur les questions sociales.
Partout, de nouvelles têtes émergent. A l'Unedic avec Geoffroy Roux de Bézieux, à la commission des relations du travail avec Benoît Roger-Vasselin et dans les grandes négociations avec Cathy Kopp. La plupart sont issues des services ou du bâtiment et des travaux publics, des fédérations qui avaient soutenu Laurence Parisot en 2005. Avantage de ces dernières, elles disposent d'une expertise suffisante pour mener d'importantes négociations. « Ce sont de petites UIMM territorialisées représentant beaucoup d'entreprises ; ce sont elles qui ont le plus de compétences sociales embarquées », souligne un membre du conseil exécutif du Medef.
L'UIMM a perdu la bataille des mandats violemment engagée par Laurence Parisot en mars. Affront suprême, son candidat pour la présidence de l'Unedic, Jean-Luc Vergne, le directeur des ressources humaines de PSA, n'a même pas fait partie des deux finalistes auditionnés par le comité des mandats du Medef ! Il pourrait cependant mener la prochaine négociation sur l'assurance-chômage. Seul Philippe Vivien, le DRH d'Areva, a survécu à cette guerre fratricide et devrait prendre la tête de la caisse de retraite complémentaire des cadres (Agirc) en juin prochain. Le futur délégué général de l'UIMM, dont le nom sera dévoilé dans quelques semaines, aura fort à faire pour redresser la barre.
A force de faire des « coups », Laurence Parisot prend le risque d'affaiblir le paritarisme. Déjà, le gouvernement a laissé entendre qu'il avait choisi un grand commis de l'Etat (Christian Charpy) à la tête du service de l'emploi, pour contrebalancer l'inexpérience du candidat du Medef à l'Unedic. Demain, le gouvernement représenté par Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi, poussera son avantage sur la formation ou l'assurance-chômage. Laurence Parisot aura alors bien du mal à défendre la primauté du contrat sur la loi... .

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