imprimer

Les français superstars

Par Guillaume Lecompte-Boinet - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3264

  Les équipementiers de l'Hexagone ont effectué un retour impressionnant dans le Top 100. Les raisons : leur ancrage avec les constructeurs premium, l'internationalisation et l'innovation.

Ne boudons pas notre plaisir. De Faurecia, qui intègre le top 10 du classement L'Usine Nouvelle/Roland Berger, à Valeo, qui effectue une remontée de 132 places, en passant par Plastic Omnium, qui reste solidement accroché dans la première moitié du palmarès. Les trois équipementiers français présents dans notre classement (hors Michelin) ont retrouvé le sourire. Oubliées les années 2008 et 2009, où Faurecia et Valeo, frappés de par la crise automobile, taillaient dans leurs coûts.

Si leurs performances financières se sont redressées, ce n'est pas un hasard. "Ils ont mené des plans d'économie avant le déclenchement de la crise, ils ont investi et mené des acquisitions à contre-cycle", résume Sébastien Amichi, directeur d'études chez Roland Berger. Résultat : la croissance de leurs ventes et de leurs résultats est souvent deux fois plus rapide que celle des constructeurs, particulièrement français. Et nos champions se sont remis à embaucher... Quand PSA dégraisse. L'effectif de Valeo est passé de 56 000 personnes début 2010 à 61 400 aujourd'hui. Chez Faurecia, le bond est encore plus spectaculaire avec plus de 17 000 embauches entre 2009 et 2010.

Ce retour en force s'explique notamment par l'internationalisation à marche forcée opérée par ces équipementiers. "Ils ont ajusté leurs capacités en Europe et développé résolument leur présence dans les pays émergents", souligne Meïssa Tall, expert automobile chez Kurt Salmon. Entre 2010 et 2011, par exemple, Plastic Omnium a ouvert huit sites en Chine, trois en Inde, un au Brésil.

De son côté, Faurecia (groupe PSA) emploie désormais 51 % de son personnel dans les pays à bas salaires. "Nous conserverons notre base de coût en Europe, mais la croissance est clairement dans les pays émergents et aux États-Unis", rappelait Yann Delabrière, le PDG, le 7 novembre lors d'une journée investisseurs.

Valeo, présent depuis 1994 en Chine, a réalisé un maillage très serré du territoire chinois. Il compte 18 sites industriels dans le pays ! Et le groupe a pas moins de huit autres projets pour les trois ans à venir . "Nous clonons les usines, et nous standardisons les outils ou process de façon à ce qu'il n'y ait aucune différence avec un site européen", expliquait Christophe Périllat, le directeur des opérations, lors du Congrès automobile annuel de L'Usine Nouvelle, le 28 septembre.

Ils montent en gamme

Ces stratégies offensives s'élargissent à la R et D, afin de mieux suivre les constructeurs occidentaux ou locaux. Faurecia a désormais plus de centres de recherche et de développement hors d'Europe que dedans (21 contre 19). Quant à ses ingénieurs, ils 30 % à être basés dans les pays à bas coûts contre 10 % en 2007. Et cette part montera à 40 % d'ici à 2015. Autrement dit, les nombreuses embauches effectuées ces derniers temps concernent surtout les pays émergents...

La bonne forme des Français s'explique aussi par la diversification de leur clientèle. Faurecia, Valeo et Plastic Omnium ne sont plus dépendants de PSA et de Renault. Le premier client de Faurecia est désormais le groupe Volskwagen. Si l'on cumule les ventes réalisées par la filiale de PSA avec les constructeurs allemands, elles atteignent plus de 38 %. « Grâce à une politique d'innovation, ils ont réussi un véritable ancrage avec les marques Premium », explique Philippe Couderc, expert des équipementiers autos chez PricewaterhouseCoopers. Plastic Omnium n'est pas en reste : VW-Porsche et BMW totalisaient 26% de ses ventes en 2010.

Les français ont profité du mouvement croissant d'externalisation mené par les constructeurs. Ces derniers leur confient des modules de plus en plus complets à concevoir et à fabriquer, ce qui suppose de monter en gamme, donc d'innover. Réduction de la masse des voitures, nouveaux matériaux, connectivité, électrification... Ils investissent dans tous les domaines.

Valeo a ainsi présenté en début d'année avec des partenaires (Michelin, Leroy-Somer, Johnson Controls, GKN, etc.) un projet complet de chaîne de traction électrique. Il a conçu des solutions dans l'électronique de puissance et la gestion thermique. De son côté, Faurecia a notamment travaillé sur les matériaux composites pour alléger les sièges ou les modules intérieurs. "Désormais, Valeo fait sans conteste partie des grands du "powertrain" et Faurecia n'a rien à envier aux meilleurs spécialistes mondiaux de l'intérieur", conclut Sébastien Amichi.

ILS SONT EN PLEINE CROISSANCE

Faurecia CA + 19 %, 8,15 milliards d'euros Résultat opérationnel + 57 %, 340 millions d'euros Valeo CA + 13 %, 5,3 milliards d'euros Résultat opérationnel + 18%, 345 millions d'euros Plastic Omnium CA + 33 %, 2,02 milliards d'euros Résultat opérationnel 150 millions d'euros

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin Partager cet article sur Wikio envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
À la une
Jean-Baptiste Collin de Sussy

La sémantique de l'industrie

Ne dites plus industrie, mais redressement productif. C'est désormais le nom de ce ministère qui a vu le jour pour la...

Neri Oxman

L'impression 3D détournée par l'artiste Neri Oxman

L'architecte et designer Neri Oxman expose au Centre Georges Pompidou, à Paris, ses sculptures...

Guillaume Klossa

"Je suis fasciné par les technologies sans fil"

Guillaume Klossa, qui vient de publier un rapport sur l'impératif industriel, répond à notre...

Arnaud Montebourg

La semaine chargée d’Arnaud Montebourg, et le reste de l’actualité industrielle

On le savait déjà. Ministre est un métier à plein temps. Arnaud...


© L'Usine Nouvelle    - Publicité- Conditions générales d'utilisation - RSS - Pour nous contacter