Les Français et le numérique, je t’aime moi non plus

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© JoshuaDavisPhotography - Flickr - C.C.

  Les Français aiment le numérique, mais le comprennent mal. C’est le constat du premier baromètre de l’institut Inria de recherche en logiciel et mathématique publié le 8 novembre.

Le paradoxe révélé par la première édition du baromètre TNS Sofres "Les Français et le nouveau monde du numérique" a été commandé par l’institut public de recherche en mathématique et informatique (Inria).

Pour une majorité des personnes interrogées, le numérique est bel et bien indispensable à la vie quotidienne. Au travers de la médecine principalement (57%) et en particulier de l’imagerie  médicale (72%). Cette dernière arrive d’ailleurs loin devant les téléphones mobiles (59%) et internet (56%) parmi les inventions emblématiques les plus populaires. Le GPS et l’électronique embarqués dans  l’automobile emportent également deux tiers des suffrages. (Pour ce sondage réalisé en août dernier, TNS Sofres a interrogé 1200 français de plus de 14 ans en face à face à leur domicile.)

Education, formation, communication

En revanche, plus surprenant, à peine plus de 40% des personnes interrogées jugent  le numérique utile pour l’agriculture, l’environnement ou la démocratie… Et la moitié des sondés pensent que les objets ne pourront jamais communiquer, alors qu’ils sont déjà parmi nous (téléphones et tablettes bien sur, mais aussi étiquettes, panneaux publicitaires, tickets de transport, etc.) et ne feront que se multiplier. Enfin, seuls 25% estiment qu’un chirurgien ne pourra jamais opérer à distance. La première fois, c’était… il y a dix ans déjà.

Toi aussi, dessine ton profil numérique

Êtes-vous un "grand explorateur" inconditionnel du numérique, un plus prudent "randonneur vigilant" ou un traditionnel "bienheureux sédentaire" ? TNS Sofres et Inria ont établi six profils de Français face au numérique et propose à tout un chacun de se positionner en répondant à quelques questions sur le site "Les Français et le numérique". Les résultats complets du baromètre sont disponibles au même endroit.

Les conclusions de ce premier baromètre, en forme de paradoxe, s’expliquent en réalité assez facilement. C’est au travers des objets du quotidien, de ce qu’ils touchent directement, que les Français apprécient le numérique. Pour autant, ils ont du mal à en appréhender clairement la place dans la société.  Pour combler le fossé, éducation, information, communication seront nécessaires. L’Inria promet de contribuer. Et pas uniquement au travers de ses sites Inria.fr et de Interstice.info, mais aussi en communiquant sur le numérique autrement que par le numérique ! Les idées restent à trouver.

La fracture numérique, encore et toujours

Ce que cette étude révèle, dans un deuxième temps, c’est la persistance d’une fracture numérique dont on connait pourtant l’existence de longue date. Une question d’âge en apparence. Selon le baromètre, la "passion" pour le numérique pâlirait dès le cap des 35 ans dépassé…

En réalité, en 2011, la fracture numérique demeure le reflet d’une fracture sociale : urbains et diplômés sont globalement plus connectés que ruraux et non diplômés.  "Les diplômés sont en général plus confiants dans la vie, rappelle Dominique Cardon, sociologue pour Orange Labs et l’Ecole des hautes études en sciences sociales. Mais il y a plus grave. On voit apparaitre un monde mobile et un monde immobile. Avec une nouvelle forme d’exclusion pour le second. Une forme de culpabilisation de ceux qui ne font pas partie ou croient ne pas faire partie de ce monde."

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