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Les filières industrielles candidates au grand emprunt

Par Morgane Remy - Publié le

35 milliards d'euros d'investissement. Le grand emprunt en fait saliver plus d'un. Pour obtenir cette source de financement, les industriels ont su monter des dossiers sérieux, et faire preuve de persuasion. Ce soir, le Premier ministre dévoile les premiers bénéficiaires de ce coup de pouce hors du commun. A cette occasion, L'Usine Nouvelle revient sur l'enjeu de cette aide, filière par filière :

 

SANTÉ

Coup de pouce pour les biotechs

 À côté des cinq instituts hospitalo-universitaires sélectionnés, qui devraient recevoir 850 millions d'euros de fonds propres, six appels à projets ont été lancés sur le volet « santé » du grand emprunt. 200 millions d'euros de subventions seront distribués lors de la première vague de sélection. Ils devraient servir à financer des démonstrateurs préindustriels pour permettre aux biotechs d'apporter la « preuve de concept » industrielle. Une étape-clé entre le développement en laboratoire et l'industrialisation des biomédicaments, difficile à franchir pour les PME. Autres projets soutenus : le séquençage du génome des végétaux et le financement de plates-formes de recherche.

Le budget : 2,4 milliards d'euros (dont 620 millions consomptibles)

L'enjeu :  Valoriser la recherche et relancer une industrie de la santé en France en prenant les virages des biotechs, de l'e-santé, de la médecine personnalisée...

Les programmes :  Démonstrateurs préindustriels - Plates-formes de recherche en biologie-santé - Instituts hospitalo-universitaires (IHU)

L'info en plus :  De nombreux secteurs industriels peuvent être concernés, en dehors des laboratoires pharmaceutiques. Notamment l'industrie agroalimentaire (sécurité des aliments), le numérique, les fabricants d'optique...

ÉNERGIE ET CHIMIE VERTE

Industrialiser le Grenelle

Les appels d'offres sur les IEED sont en cours et 27 projets ont déjà été présentés. Si les Instituts peuvent être montés en partenariat entre différentes entités, ils doivent réunir dans un même lieu une masse critique de collaborateurs. Leur capacité à aligner une structure légère mais solide de permanents pour assurer la gouvernance est prisée. Sur les démons-trateurs et autres projets verts, l'Ademe a identifié 63 technologies de rupture. L'agence va déclencher ses appels à manifestation d'intérêt au fur et à mesure. Certaines thématiques ont le vent en poupe comme le solaire à concentration, l'éolien marin alors que d'autres soulèvent moins l'enthousiasme comme les biocarburants.

Le budget : 2,6 milliards d'euros 

L'enjeu :  Monter des filières solides sur les énergies renouvelables, la chimie verte, le recyclage ou la valorisation des déchets.

Les programmes :  5 à 10 Instituts d'excellence sur les énergies décarbonées (IEED) (1 milliard, dont 250 millions consomptibles) - Démonstrateurs ou R et D sur énergies renouvelables et recyclage, valorisation (1,55 milliard)

AUTOMOBILE

De l'argent pour circuler économe

La convention avec l'Ademe sort cette semaine et les appels à manifestation d'intérêt suivront dans la foulée, en novembre. L'Ademe a déjà une bonne vision du sujet car elle a déjà géré des fonds de démonstrateurs sur les véhicules à faible émission. Dans le cadre du grand emprunt, la vision sera très orientée sur l'industrialisation et la mise en marché. Arriver avec un client pilote sur son projet est un vrai plus. Les entreprises moyennes ont tout intérêt à se rapprocher des grands donneurs d'ordres. « Nous n'avons pas forcément la bande passante pour recevoir toutes les entreprises du secteur », explique Frédéric Spagnou, le directeur programme transport au CGI. Les entreprises de services (type transport) peuvent également porter des projets adossés à des industriels.

Le budget : 750 millions d'euros

L'enjeu : Développer des systèmes de transport terrestre sobres. Le véhicule électrique est l'une des voies, mais pas le seul horizon.

Les programmes :  Démonstrateurs ou R & D sur le moteur thermique basse consommation, l'hybride, l'allègement des matériaux, la traction... que ce soit sur les véhicules légers, lourds ou collectifs.

NUMÉRIQUE

Cap sur les contenus innovants

Sur les 2,25 milliards d'euros du volet « contenus et usages numériques », 30 % vont être distribués sous forme de subventions à des projets de R et D dans neuf domaines technologiques identifiés, dont le cloud computing, la numérisation des contenus ou l'e-santé. Le reste sera investi sous forme de prise de participation de l'État (à hauteur maximale de 30 %) dans des co-entreprises qui réunissent grandes groupes et PME. Le volet « infrastructures », doté de 2 milliards d'euros pour couvrir le territoire de haut débit, concerne surtout les opérateurs de télécoms. Mais les entreprises qui offrent des alternatives à la fibre optique pourront proposer leurs solutions pour couvrir les zones rurales.

Le budget : 4,25 milliards d'euros

L'enjeu : Favoriser l'économie numérique en développant tant les services que les infrastructures de réseaux qui les rendront accessible à tous.

Les programmes :

- Projets de R & D et de démonstrateurs pour « usages, services et contenus innovants » (2,25 milliards)

- Projets pilotes de R & D et de déploiement du très haut débit en zone rurale et moyennement dense (2 milliards)

ESPACE

Priorité aux satellites

Sur les projets de satellites, il n'y a pas de surprise sur les acteurs. Les grands comme Thales et Alenia sont bien évidemment présents. Les projets peuvent être portés par ces industriels ou leurs clients opérateurs. Toute la chaîne de valeur est concernée : satellites, lancement et exploitation au sol. L'idée est de retenir 6 ou 7 projets. Au-delà des grands fabricants ou opérateurs de satellites, il y a aussi de la place pour des acteurs plus petits qui apporterait une technologie particulière (viseur d'étoiles, etc...)

Le budget : 500 millions d'euros

L'enjeu : Participer au futur lanceur européen et développer l'industrie des satellites. 

Les programmes :

- Développement de satellites (250 millions d'euros)

- Lanceur de prochaine génération (en partenariat avec l'ESA, l'agence spatiale européenne)

L'info en plus :  Le gouvernement est intéressé par les retombées sur la filière. A ce titre, les projets en matière de satellites, qui donneront lieu à des séries plutôt qu'à une grande réalisation unique, partent avec un a priori favorable.

AÉRONAUTIQUE

Embarquer dans l'avion du futur

Afin de concevoir des avions deux fois moins polluants, trois démonstrateurs technologiques seront retenus d'ici à la fin de l'année et obtiendront une première partie de leur financement. Sur la dizaine de projets identifiés par le Conseil pour la recherche aéronautique civile (Corac), qui réunit industriels et organismes de recherche, plusieurs consortiums tiennent la corde. Le premier concerne le fuselage et la voilure en composite avec comme leaders Airbus et Dassault Aviation. Le second concerne le moteur du futur avec comme chef de file le groupe Safran. Enfin, le troisième est porté par Thales et planche sur l'électronique embarquée. En 2011, quatre nouveaux démonstrateurs devraient être retenus. L'aéronautique est également sur les rangs pour un IRT à Toulouse.

Le budget : 1,5 milliard d'euros

L'enjeu : Maintenir un bon niveau d'investissement technologique sur ce secteur clé pour l'économie française

Les programmes :

- Démonstrateur technologique aéronautique (avion composite, motorisation, avionique modulaire étendue, cockpit du futur...)

- Avances remboursables sur des programmes aéronautiques

 

Retrouvez notre dossier sur le grand emprunt dans le numéro 3208 d'Usine Nouvelle (7 octobre).

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