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Les femmes au début prometteur

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Publié le

La valeur n’attend point le nombre des années. À moins de 30 ans, les trois flèches que nous avons repérées mènent leur barque avec passion, dans des univers où l’on ne fait pas de cadeaux aux femmes, surtout si elles sont jeunes.

Hors normes

Sihame Boualam, 27 ans : Qualiticienne achats chez Renault

Travailler dans un grand groupe ! Voilà ce qui a séduit Sihame Boualam chez Renault. La promesse d’une « grande entreprise, très formatrice, proposant une multitude de métiers différents ». Depuis 2015, elle y occupe le poste de qualiticienne achats sur les périmètres éclairage, essuyage et refroidissement moteur. Elle a audité et contribué à réformer le système de management de la qualité dans une dizaine de sites fournisseurs défaillants. Elle a également pris en charge la formation « améliorer la qualité des pièces » pour la direction des achats. Ses études pluridisciplinaires à l’Institut Polytechnique de Grenoble l’avaient d’abord conduite à plancher sur l’optimisation des flux dans le secteur tôlerie, puis à découvrir les métiers commerciaux, avant d’obtenir, à seulement 23 ans, le poste d’acheteuse projet pour la gamme utilitaires, dans le secteur alimentation en carburant et refroidissement moteur, qui générait un chiffre d’affaires annuel de 80 millions d’euros. « Il faut s’ouvrir à d’autres secteurs, les fournisseurs permettent de découvrir d’autres fonctionnements, précise-t-elle. Ce n’est pas le fait d’être une femme qui est difficile, c’est la jeunesse. Tout particulièrement à un poste de responsabilité, dans un secteur où les fonctions sont cloisonnées et où le titre et l’âge comptent encore beaucoup. » Alors, « garder l’esprit ouvert, mais oser remettre en cause les normes et sortir du moule » pourrait être sa devise.

Remarque sexiste entendue « Le milieu automobile est masculin à 90 %. On peut entendre au cours d’une réunion : “La nénette m’a envoyé l’info hier soir” »  
 

Globe-trotteuse des mers

Nouzha Bouras, 29 ans : Ingénieur chantiers offshore chez Subsea 7

« J’ai toujours été attirée par les sciences et les mathématiques, explique Nouzha Bouras, diplômée de l’École polytechnique d’Alger. Et je voulais associer au génie industriel des aspects managérial et commercial. » Après l’obtention d’un mastère en supply chain management à l’Essec, elle effectue sa première expérience professionnelle en tant qu’ingénieur estimation au département appels d’offres chez l’ingénieriste Subsea 7. Sa formation technique est un atout et ce poste lui donne envie d’aller plus loin dans l’approfondissement de ses connaissances. « J’avais la curiosité, je voulais savoir, mais sans m’enfermer dans une spécialité. » Ce qui lui apporte son poste actuel d’ingénieur chantiers offshore. Depuis 2013, elle parcourt le monde sur le « Seven Borealis », le navire amiral de Subsea 7, pour travailler sur des projets offshore. Cinq semaines en mer, cinq semaines à terre. À bord, environ 300 personnes, dont une trentaine de femmes, et seulement cinq ingénieurs. La place des femmes « était au départ une cause d’inquiétude, mais j’ai fait confiance à mon employeur et mes supérieurs hiérarchiques m’ont aidée ». Elle apprécie le travail d’équipe, la sensation qu’un groupe partage le même but et la possibilité d’intervenir dans de nombreux domaines. « Je suis là pour aider, pour coordonner. Je suis un facilitateur. » Nouzha Bouras pensait embarquer pour un an. Trois années plus tard, son enthousiasme demeure intact. « Si je devais arrêter les rotations, confie-t-elle, j’aurais envie de rester dans les opérations. »

Remarque sexiste entendue « S ur un navire, l’environnement est très masculin, mais nous sommes tous là pour faire le boulot. Les comportements n’ont jamais dépassé les bornes. »  
 

Entrepreneuse en herbe

Anne-Sophie Caistiker, 25 ans : Fondatrice et directrice générale de Doctibike

Anne-Sophie Caistiker aurait pu devenir chanteuse lyrique. Le bac en poche, cette passionnée de musique a préféré s’inscrire en école de commerce. Une façon de suivre la voie familiale. Son père dirigeait une société d’importation de pièces détachées de vélos. « Pour passer du temps avec lui, je le suivais partout, sur les salons ou lorsqu’il inspectait ses fournisseurs », raconte-t-elle. À 14 ans, elle visite sa première usine de fabrication de vélos en Chine. L’apprentissage accéléré l’incite à sauter les étapes. À peine diplômée, elle lance sa start-up… dans le secteur du vélo électrique. Avec 90 000 unités vendues l’an passé, le marché est en plein essor. « La batterie coûte près d’un tiers du prix du vélo, mais a une espérance de vie de trois à quatre ans », souligne-t-elle. Hébergé par l’incubateur de l’EM Lyon Business School à Écully (Rhône), Doctibike se spécialise dans la vente de nouvelles batteries et de leur reconditionnement. Pour son deuxième exercice, la start-up a généré 200 000 euros de chiffres d’affaires. En passe de boucler sa première levée de fonds, Anne-Sophie Caistiker fourmille de projets. La jeune femme, qui suit en cours du soir un master d’électrotechnique à Centrale Lyon, travaille en partenariat avec l’école d’ingénieurs sur un projet pour réutiliser les batteries de vélos usagées. « Elles peuvent encore servir pour stocker l’énergie de panneaux solaires. » Son père, lui, est devenu son conseiller. 

Remarque sexiste entendue « J’ai plutôt entendu des remarques sur mon âge, comme : “Qu’est-ce que va m’apprendre cette gamine ?” Prouver qu’on peut apporter une expertise à 25 ans est un défi. »

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