Réunis ce mardi à Lausanne pour leur congrès annuel, les industriels européens des technologies médicales perçoivent l’Asie comme un investisseur potentiel et un marché à conquérir. Parfois même avant les Etats-Unis.
Ce mardi 16 octobre, investisseurs et industriels européens du dispositif médical se retrouvent à Lausanne, en Suisse, à l’occasion du Medtech Summit. Un secteur qui regroupe des domaines aussi variés que l’équipement médical (imagerie, glucomètre), le diagnostic in vitro (tests, machines), les dispositifs implantables (prothèses), ou encore les outils chirurgicaux. Lors de ce congrès, 25 entreprises prometteuses choisies par un jury d’industriels pourront présenter leurs technologies à des fonds d’investissement, mais aussi à des leaders des technologies médicales, intéressés comme potentiels investisseurs ou acquéreurs : Medtronic, Boston Scientific, Siemens…
Ce secteur n’est cependant pas épargné par la crise qui touche l’Europe. « Tout ce qui est innovant requiert du risque et du financement, et même si le medtech nécessite des investissements un peu moins lourds qu’en biotech, nos entrepreneurs doivent composer avec un environnement financier plus difficile qu’il y a cinq ans », confie Eric Le Royer, président du Medtech Summit 2012, à l’Usine Nouvelle. Pour lui, toutefois, toute innovation capable d’apporter une valeur clinique et économique pour le système de santé se trouve dans une situation prometteuse. C’est ainsi que le spécialiste français de l’imagerie médicale EOS Imaging, mis à l’honneur lors d’une édition précédente de ce sommet, est parvenu à lever 38 millions d’euros en février lors de son introduction en bourse.
Une croissance de 10% en Asie
Cette année, la part belle devrait être faite aux innovations dans les maladies cardiovasculaires et le diabète (des marchés qui connaîtraient une croissance de 10%), et la neurostimulation, dont le marché mondial devrait atteindre 7 milliards d’euros en 2015. Mais c’est surtout l’Asie qui sera sur toutes les bouches. Si le congrès l’a choisi pour thème cette année, c’est parce que le marché des technologies médicales connaît une croissance annuelle de 10% sur ce continent, selon l’étude réalisée spécialement par le cabinet McKinsey. Il devrait atteindre les 50 milliards d’euros d’ici 2015, avec de potentielles opportunités pour les entrepreneurs européens. Notamment en Chine, où les parts de marché des acteurs locaux sont encore limitées, comprises entre 25 et 60% selon les segments, et ces derniers s’illustrent plutôt dans des technologies moins complexes.
Le marché asiatique, plus facile que le marché américain ?
"L’Asie offre des potentiels de croissance que nous ne verrons certainement pas ni Europe, ni aux Etats-Unis, du moins, dans les quelques années, estime Eric Le Royer. Et si le plus grand marché mondial reste toujours les Etats-Unis, ce dernier est de plus en plus difficile et de plus en plus cher, à cause de la réalisation les études nécessaires pour y entrer. Un entrepreneur européen doit donc se poser la question de savoir, après l’Europe, quelle zone géographique attaquer." Dans un environnement qui se mondialise, l’Asie peut aussi être perçue comme un partenaire financier. Ce qui explique sans doute que l’incubateur de medtechs et biotechs BioBay, basé à Suzhou près de Shanghai, co-sponsorise l’évènement.









