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Les eurobonds ne sont pas la solution à la crise, dit Merkel

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BERLIN (Reuters) - Les euro-obligations ne sont pas la réponse à la crise de la dette dans la zone euro, a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.

"Les euro-obligations sont tout à fait la mauvaise réponse à la crise du moment", a-t-elle dit, dans un entretien à la chaîne ZDF qui soit être diffusé dimanche. "Elles nous amèneraient à une union de la dette et non à une union de la stabilité".

L'émission d'euro-obligations ("eurobonds") coûterait des milliards d'euros à l'Allemagne chaque année, selon des calculs du ministère allemand des Finances cités par l'hebdomadaire Der Spiegel.

"La première année cela signifierait 2,5 milliards d'euros d'intérêts en plus pour le budget (du ministre des Finances) Wolfgang Schaüble et la seconde année les coûts seraient deux fois plus élevés", écrit Der Spiegel dans des extraits de son enquête transmis à la presse.

Au bout de dix ans, le coût total serait de 20 à 25 milliards d'euros, selon les calculs du ministère des Finances.

Schäuble se dit pour sa part personnellement disposé à transférer la souveraineté nationale à Bruxelles pour assurer la stabilité de la zone euro sur le long terme mais il a ajouté que la zone euro elle-même n'était pas prête à cette éventualité.

"En tant que personne, Wolfgang Schäuble serait déjà prêt (à déléguer la souveraineté à Bruxelles). L'idée d'un ministre des Finances européen ne me pose aucun problème", dit-il, dans un entretien publié dimanche par le Welt am Sonntag.

"Mais en tant que ministre des Finances je dis qu'il est de notre devoir de résoudre les problèmes ici et maintenant, et ce le plus rapidement possible sur la base des contrats existants".

Cette idée d'un ministre des Finances européen est notamment préconisée par le président du directoire de la Commerzbank Martin Blessing, dans un entretien au Welt am Sonntag.

"Avec l'instauration d'une union budgétaire, Bruxelles doit avoir le droit de reprendre des prérogatives budgétaires à des pays qui ne respectent pas les règles, ainsi que de prélever ses propres impôts et de créer un organisme commun pour émettre des emprunts", dit-il.

La France et l'Allemagne sont farouchement opposées à l'idée d'émettre des emprunts pour le compte de l'ensemble de la zone euro, comme le prônent beaucoup de professionnels des marchés pour mettre un terme à la crise de la dette souveraine européenne.

"La plupart des Etats membres ne sont pas tout à fait prêts à accepter les restrictions nécessaires à la souveraineté nationale; mais croyez-moi, c'est un problème qu'on peut résoudre", a encore dit le ministre.

Schäuble doit rencontrer le ministre des Finances François Baroin mardi à 8h00 GMT pour discuter notamment de l'harmonisation de l'impôt sur les sociétés et de l'instauration d'une taxe sur les transactions financières.

Il avait dit samedi que les pays de la zone euro ne pourraient émettre des euro-obligations que s'ils avaient échafaudé au préalable une politique budgétaire et fiscale commune sans quoi ils risquaient de créer de l'inflation et déstabiliser la région.

Annika Breidthardt et Ludwig Burger, Wilfrid Exbrayat pour le service français

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