Les Etats-Unis se relancent dans la construction de réacteurs nucléaires
Par Barbara Leblanc - Publié le
C’est une première depuis 1978. Les autorités fédérales américaines ont donné leur feu vert le 9 février pour mettre en service deux réacteurs dans une centrale en Géorgie.
La Commission de régulation du nucléaire (NRC) a approuvé une résolution autorisant "la construction et la mise en service des réacteurs trois et quatre de Vogtle", centrale atomique située en Georgie (Sud-Est) et exploitée par la société Southern Nuclear.
La Commission n’avait donné de nouvel aval à la construction de nouveaux réacteurs depuis celui attribué à la centrale de Shearon Harris en Caroline du Nord (Sud-Est) en 1978. Les Etats-Unis avait stoppé net l’essor de l’industrie nucléaire, après l’accident de la centrale de Three Mile Island en Pennsylvanie (Est), où l'intérieur d'un réacteur avait fondu en 1979.
Les deux futurs réacteurs sont des AP1000 conçus par le groupe japonais Toshiba et sa filiale américaine Westinghouse. Ils possèdent chacun une puissance de 1 154 MW et ont reçu une certification par la NRC pour le marché américain en décembre 2011.
Fukushima en arrière plan
Et ce, malgré l’opposition du président de la Commission, Gregory Jaczko. En effet il rappelait que délivrer un permis de construire quelques mois après la catastrophe japonais de Fukushima n’était pas une bonne idée. Il voulait lier la licence accordée à Southern Nuclear à un "engagement irrévocable" de cette dernière à achever, avant la mise en service, "les améliorations" qu'elles a prévues pour tenir compte de ce qui s'est passé à Fukushima.
Mais les quatre autres membres de la commission ont estimé que cela ne changerait en rien la sûreté de fonctionnement des nouveaux réacteurs. L'aval de la NRC permet à Southern Nuclear d'achever des travaux déjà bien entamés.
Au total, ce projet d’agrandissement représente un investissement de plus de 14 milliards de dollars. Quelque 4 000 à 5 000 emplois seront crées au moment du pic de l’activité sur le chantier. L’entreprise compte que le réacteur 3 soit en service en 2016 et le 4 en 2017.
Le gouvernement du président George W. Bush (2001-2009) et celui de son successeur Barack Obama ont pris plusieurs mesures destinées à relancer cette industrie. Ces efforts se heurtent cependant à plusieurs obstacles, de nature politique avec l'arrivée d'une majorité républicaine peu favorable au nucléaire à la Chambre en 2011. L’autre souci est d’ordre économique avec la concurrence du gaz, en plus de ceux liés à la perception du nucléaire dans l'opinion publique depuis Fukushima.
Selon le gouvernement, les 104 réacteurs en service dans le pays ont produit 20% de l'électricité du pays en 2009, moins que les centrales au gaz (23%) et au charbon (45%). Mais les Etats-Unis, très gros consommateurs d'énergie, restent le premier producteur d'électricité nucléaire du monde, loin devant la France.

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