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Les entreprises innovent pour séduire le consommateur

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3168

Pour tenter d'apporter davantage de valeur à leurs systèmes de bouchage, les fabricants d'emballage travaillent à la fois sur les matériaux, les formes, les usages et les process industriels de leurs clients. Exemples des dernières innovations.

Seaquist lance une valve en silicone 100 % recyclable

Pour qui aime boire de l'eau en courant, le bouchon sport antigoutte est très pratique. Son principe ? Une valve en silicone qui s'ouvre lorsque l'on fait pression sur le flacon pour laisser passer le liquide quelle que soit sa viscosité. La montée des exigences en matière de recyclabilité des matériaux a contraint cette technologie à s'adapter. La filiale de l'américain AptarGroup, Seaquist Closures (500 millions de dollars de chiffre d'affaires), qui fabrique plus de 10 milliards de capsules pour l'alimentaire et la cosmétique, a ainsi développé la « swimming valve ». Pour ne pas perturber le cycle de recyclage et permettre la réutilisation du PET recyclé dans l'industrie de la boisson, l'équipe R et D a travaillé sur un silicone spécial. Conséquence : « Dans les bacs de flottaison utilisés lors du recyclage, les particules de valve flottent et peuvent être facilement séparées du PET, éliminant toute contamination », explique Florent Gras, le directeur marketing Europe alimentaire et boisson. Le système a été choisi par Ringnes (groupe Carlsberg) pour son eau minérale Imsdal. La Swimming Valve, qui a été brevetée en 2008, devrait gagner d'autres applications PET.

Alcan Packaging Capsules tente un coup de "Maestro" sur le champagne

Le choix est audacieux : déboucher une bouteille de champagne, sans bouchon de liège mais en conservant le sacro-saint « pop » à l'ouverture. Avec Maestro, Alcan Packaging Capsules (196 millions de dollars de chiffre d'affaires), le leader mondial des capsules de bouchage à vis pour le marché des vins, semble avoir réussi. « Il fallait faciliter l'ouverture, préserver le bruit, conserver l'esthétique et garantir la régularité du goût, en s'appuyant sur une technologie qui ne contraigne pas les viticulteurs à changer de système », énumère Karine Herrewyn, la directrice des ventes sud-ouest de l'Europe. Trois ans de recherche et un million d'euros (développement et lancement) ont abouti à cette capsule, intégrée dans un dôme recouvert d'une coiffe de surbouchage où vient se fixer un levier permettant le décapsulage. Qualifié de « génial », par Carol Duval-Leroy, la présidente de la maison de champagne du même nom, Maestro équipe sa cuvée prestige « clos des bouveries ». Aux puristes qui crient au sacrilège, elle rappelle que « le bouchon de champagne n'a pas évolué depuis 150 ans et que le liège n'intervient qu'après l'ajout de la liqueur de dosage. En cave, c'est une simple capsule qui ferme la bouteille ». Dernière étape avant commercialisation : la reconnaissance par l'Union européenne de la forme de Maestro comme bouchage du champagne. Alcan espère l'obtenir vite, pour pouvoir diffuser ensuite auprès de tous les vins effervescents dans le monde sa capsule munie de cette « caution » champenoise.

Nampak chapeaute les poissons surgelés Findus

A l'origine de la nouvelle boîte refermable pour bâtonnets de poissons surgelés Findus, le souhait de réduire le carton superflu de l'emballage entamé dans le congélateur. « Le système de la pince à linge n'était pas très satisfaisant, reconnaît Steven Libermann, le directeur marketing et développement de Findus (220 millions d'euros de chiffre d'affaires). L'innovation ne vise pas seulement le produit. Elle concerne aussi ce qui touche le consommateur tous les jours. » Le groupe s'est tourné vers Nampak à qui il confie la fabrication de ses emballages. « Nous voulions un packaging facile à ouvrir et à fermer et qui se réduise au fil de la consommation des produits », complète-t-il. La solution consiste en une languette à découpe double, qui s'ouvre sur toute la circonférence de la boîte, libérant la partie supérieure qui devient couvercle. Une fois les poissons ôtés, le carton se pince et rentre sous le chapeau. Un brevet a été déposé pour protéger l'innovation. L'avantage ? Un surcoût très faible et un réglage mineur des machines de conditionnement, qui fonctionnent à une cadence très élevée, sur le site industriel de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais). Six mois ont passé entre le premier prototype et la commercialisation en octobre dernier. L'emballage, bien accueilli par la distribution et les consommateurs, est vendu au même prix et devrait bientôt concerner les pommes de terre du numéro 1 du surgelé en grande et moyenne surfaces.

Impress adapte ses ouvertures aux process des clients

Petit pois, carottes et haricots verts en boîte de conserve ont toutes les raisons de se réjouir. Après les conserves de poissons et les salades en boîte, ils vont eux aussi pouvoir bénéficier d'un couvercle métallique souple et facile à ôter. Impress (1,8 milliard d'euros de chiffre d'affaires), spécialiste de l'emballage métallique, a en effet planché pour adapter son système d'ouverture facile Easypeel aux process industriels de ses clients obligés de procéder à une stérilisation continue de leurs aliments. Le groupe a mis en point il y a un an son dernier-né : Easip. « Grâce à une liaison plus solide entre le couvercle souple (aluminium et polypropylène) et la partie supérieure de la boîte, notre système permet un processus de stérilisation continu, pour lequel il est impossible d'instaurer une contrepression lors du traitement thermique », explique Philippe Gimenez, le directeur recherche et développement d'Impress. La marque Bonduelle, qui a décidé de proposer ses petits pois-carottes avec cette ouverture, parle d'une « avancée prometteuse », déterminante pour son maintien à la tête du marché.

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