Les entrepreneurs des technologies de la santé créent leur association

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© Roche

Elles ne se reconnaissaient ni dans le syndicat de l’industrie pharmaceutique, ni dans France Biotech. Les PME couplant services et technologies dans la santé sont bien décidées à faire entendre leur voix. Auprès des pouvoirs publics mais aussi des grands industriels.

Son grand frère, le syndicat des entreprises du médicament (Leem), et sa sœur, l’association des sociétés de biotechnologie France Biotech, sont heureux de vous faire part de la naissance de l'AFSSI, l’Association Française des Sociétés de Services et d'Innovation pour les Sciences de la Vie.

Une énième instance de représentation dans l’industrie de la santé ? Non, assure Philippe Genne, président de l'AFSSI et PDG de la société Oncodesign. Car l’AFSSI ambitionne de défendre les intérêts d’un profil d’entreprises absent des associations existantes : les entreprises innovantes basées sur des modèles économiques mixtes "services-technologie", fondées par des entrepreneurs qui sont aussi… leurs principaux investisseurs. « Chez France Biotech, la connotation "biotech" est restreinte à des sociétés qui ont un profil capitalistique différent du nôtre : notre business model mixte n’est pas forcément recherché par des acteurs  du capital risque », précise Philippe Genne.

300 entreprises ciblées, dont Eurofins

Biotechnologie, chimie, environnement, cosmétologie, agroalimentaire, bioinformatique, diagnostic et biomarqueurs : l’AFSSI a repéré en France 300 entreprises correspondant à son profil, représentant un chiffre d’affaires total de 834 millions d’euros et 9 400 emplois.

Il s’agit aussi bien du géant Eurofins, le prestataire de services bio-analytiques qui devrait dépasser le milliard d’euros de chiffres d’affaires cette année, que du spécialiste de la R&D sous contrat Bertin Pharma (11 millions d’euros de revenus en 2011), ou encore de nombreuses PME réalisant quelques centaines de milliers à un million d’euro. Seule condition : la R&D doit être localisée en France et représenter au moins 50% des dépenses totales de l’entreprise, et l'activité de recherche sous contrat doit être supérieure à 25% du chiffre d’affaires.

Imposer le pacte PME aux grands industriels

Les attentes de l’association sont doubles. D’une part, faire reconnaître ses membres comme des partenaires auprès des pouvoirs publics et des pôles de compétitivité, notamment dans les Investissements d’Avenir. "Ce qui importe, c’est que les investissements faits par nos entreprises puissent trouver une synergie avec les investissements de l’Etat et n’entrent pas en conflit, qu’il n’y ait pas de distorsion de la concurrence", explique Philippe Genne. Il travaille notamment avec l’Ariis, le guichet R&D des industries de santé, à l’établissement d’une charte avec la recherche académique.

L’autre objectif, c’est d’imposer à l’industrie pharmaceutique des relations plus étroites et plus saines de clients/partenaires fondées sur le Pacte PME. "Ce n’est pas en cédant leurs centres de recherche à des multinationales de services pas forcément intéressées par investir dans de l’innovation, que les big pharmas retrouveront de la créativité, prévient Philippe Genne. Nous attendons donc un engagement plus important des industriels à prendre en compte les offres proposées par nos sociétés. Car on peut imaginer demain de rassembler par grappe sur des projets des entreprises complémentaires aux innovations différentes."

L'AFSSI saura-t-elle se faire entendre ? Réponse le 12 décembre à Dijon, à l’occasion de son premier congrès sur "l'Entreprenariat Technologique pérenne"

Fiscalité : l’AFSSI défend aussi les entrepreneurs
L'objectif prioritaire de l'AFSSI ? "Favoriser l'entreprenariat technologique pérenne". En ces temps de remous concernant la fiscalité des entrepreneurs, la position de cette jeune association est donc claire : "Il faut que nos politiques entendent bien ce message : il faut respecter les personnes qui se sont engagées dans la création d’entreprise, estime Philippe Genne. Car elles ont accepté de prendre des risques, de travailler énormément et le fait d’avoir réussi à franchir toutes ces étapes est une force: c’est un ressort pour développer l’emploi, l’innovation." A bon entendeur…

 

 

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