Les écoles s'attaquent à la cybercriminalité
Par Arnaud Dumas - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3133Halte aux hackers ! Les écoles d'informatique s'organisent pour sensibiliser leurs étudiants et les entreprises à la sécurité des systèmes d'information.
« Moins d'une entreprise sur deux a mis en place une politique de sécurisation de son système d'information », alerte Bruno Doucende, le directeur du pôle Sécurité des systèmes d'information du Groupe 4, l'école spécialisée dans le management informatique située à Marseille (Bouches-du-Rhône). Avec des risques importants à la clé : du vol d'information à la contrefaçon, en passant par la dégradation de l'image de marque de la société. Face à ce constat, des écoles d'ingénieurs en informatique commencent à sensibiliser leurs étudiants.
L'Ecole pour l'informatique et les techniques avancées (Epita), au Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne), a ainsi organisé fin janvier une conférence sur la cybercriminalité pour ses élèves, animée par deux experts de la sécurité informatique de Microsoft. De son côté, le Groupe 4 lance à la rentrée 2009 une spécialisation sur ce thème dans ses filières informaticiens-managers et média-managers. « Il existe déjà des masters en sécurité informatique, remarque Bruno Doucende. Mais ils sont souvent cantonnés à l'acquisition de compétences techniques. Nous voulons aller au-delà, car il faut savoir manager la sécurité et y intégrer les aspects juridiques et humains. » Des programmes de recherche commencent aussi à apparaître. L'Ecole supérieure d'informatique électronique automatique (Esiea), à Paris et à Laval, vient d'intégrer un laboratoire de cryptologie et de virologie opérationnelles, auparavant dans le giron de l'armée. « L'Etat et les entreprises liées à la défense participent au financement des recherches », précise Eric Filiol, le directeur du laboratoire, qui planche sur les nouvelles technologies de lutte antivirale. Et le fait de rejoindre l'école va lui permettre d'élargir son spectre à tous les secteurs industriels.











