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Les deux faces du président des usines

Le 04 mars 2010 par Pierre-Olivier Rouaud
Pierre-Olivier Rouaud
© © S.Fayet

Analyse : Pour qui s’intéresse à l’avenir de notre industrie il y a deux façons, également justes, d’interpréter le discours de Nicolas Sarkozy, prononcé ce jeudi à Marignane en clôture des Etats généraux. La première est le contentement, la seconde la déception.

Pour le contentement, quel industriel, quel responsable syndical, ne pourra se féliciter des mots du chef de l’Etat. Si celui-ci à, a son habitude, forcé le trait ou s’est souvent inventé des ennemis imaginaires, ses propos n’en demeurent pas moins marquants, en ce qu’ils mettent en scène l’industrie dans le débat public. « Je suis convaincu que la France n’aura pas de croissance durable sans une industrie forte » a martelé le chef de l’Etat chez Eurocopter. Donc acte. Surtout qu’il a n’a pas hésité à rappeler les faiblesses de notre appareil productif : innovation insuffisante, déficit d’investissements, perte de compétitivité. Des réalités cruelles, surtout comparées à la situation que connaît notre grand partenaire l’Allemagne qui depuis dix ans fait systématiquement mieux que nous.

Le Président en a profité pour justifier aussi certaines des décisions de politiques économiques prise depuis son arrivé à l’Elysée. A commencer parla loi Tepadestiné à enterrer les 35 heures (que le chef de l’Etat a une nouvelle fois dénoncées sans pour autant oser les remettre en cause). En la matière, sans que l’on sache s’il s’agit d’un pétard mouillé, Nicolas Sarkozy a relancé l’idée d’une réforme du financement de la protection sociale, aujourd’hui concentrée sur le travail. Un point clé pour nombre d’économistes et d’industriels. Comme l’est la promesse d’orienter d’avantage l’épargne des français vers le secteur productif.

Du coté des propositions, on citera ausi la promotion du « Made in France », une réforme de la fiscalité des brevets  ou la volonté d’une intervention plus directe de l’Etat dans les entreprises dont il est actionnaire (au passage Renault s’est pris une volée de bois vert à Marignane). Sans oublier un projet qui en ravira plus d’un : l’évaluation des lois et règlement s’appliquant à l’industrie avec la promesse pour septembre de mesures d’allègement et simplification. Mais cela fait-il une politique industrielle ? 

Des annonces en trompe l'oeil ?

Et cela nous amène au second sentiment :la déception. Derrièrele volontarisme affiché, la lecture attentive du discours du chef de l’Etat laisse sur sa faim. Il y a bien sûr la pérennisation de certains dispositifs déjà en vigueur notamment le Crédit d’impôt recherche, (« jamais je ne toucherais à la politique massive de soutien à l’innovation que j’ai construite », dixit Nicoals Sarkozy). De même le remboursement anticipé du CIR aux PME va être maintenu.

Pour le reste les mesures nouvelles ou concrètes tiennent en quelques points. Parmi celles-ci une prime à la relocalisation (200 millions d’euros issus du grand emprunt), la création d’un médiateur de la sous-traitance ou la mise sur pied de comités stratégiques dans chaque filières dotés de 300 millions d’euros (issus, là encore, du grand emprunt) pour soutenir les fonds propres des entreprises.

Le point commun a presque toutes ces idées : c’est qu’elles ne coûtent rien ou sont déjà financées dans le cadre du grand emprunt tel le soutien promis aux investissements verts pour 500 millions d’euros.  Une manière d’acter une triste réalité : les caisses de l’Etat sont vides. Ce qui fixe bien les limites de la nouvelle politique promise. Le temps n’est décidemment plus aux grands projets pompidoliens !

Reste enfin les grands sujets internationaux dont Nicolas Sarkozy s’est emparé avec sa fougue habituelle et en pointant un doigt vengeur : réforme du système financier international (« un nouveau Bretton Woods »), définition d’un politique industrielle européenne appel à la taxation du carbone aux frontières de l’Union ou le renforcement du dispositif anti dumping de l’Union européenne (autant de messages pour Herman Von Rompuy et José Manuel Barroso).

En bon soldat Christine Lagarde est appelé au front pour défendre la plupart de ces dossiers à Bruxelles ou dans le cadre du G20. Mais là, il faudra plus qu’un discours volontariste pour faire bouger les lignes.


 

 

 

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1 réaction

zelectron | 05/03/2010 - 11H34

...et donc que faire vis à vis d'un patron démoli qui fait semblant d'y croire et qui a passé toute sa carrière à voir la destruction de dizaines de milliers d'entreprises pour des motifs que personne ne croit possible? ( les 2 principaux: la bêtise et la méchanceté, ça semble primaire et c'est pourtant vrai, réfléchissez.)

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