Les dettes de SeaFrance atteignent 190 millions d’euros
Par Barbara Leblanc - Publié le
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Louis Dreyfus Armateurs et l’Etat au chevet de SeaFrance La SNCF va offrir 500 emplois aux salariés de SeaFranceDans sa conférence de presse du 10 janvier, le mandataire judiciaire en charge de la liquidation de la compagnie de ferries a révélé que 170 millions d’euros sont exigibles par la SNCF.
Sur les 190 millions d’euros de créances pesant sur la compagnie SeaFrance, la maison mère peut en exiger 170 millions d’euros, dont 70 millions versés en avril 2010 pour "regarnir la trésorerie de la compagnie lors du plan de sauvegarde de l’emploi alors instauré". C’est ce qu’explique Stéphane Gorrias, mandataire judiciaire chargé de la liquidation de SeaFrance. Le reste de la somme est due à des tiers, comme les chantiers navals Arno de Dunkerque.
Le mandataire a profité de cette conférence pour revenir sur son rôle et a expliqué que "sa mission principale était la sauvegarde de l’emploi et la préservation des droits des salariés". Le mandataire a aussi pour fonction de vendre les actifs de l’entreprise dans des conditions acceptables aux créanciers. Le groupe possède notamment trois navires, dont deux d’entre eux ont une valeur estimée de 50 à 70 millions d’euros pièce. Un autre navire, le Molière, est détenu en crédit-bail. Le mandataire a précisé qu’il comptait "faire appel à un courtier spécialisé pour la vente des actifs". Une manière pour lui de respecter "les conditions de transparence, de publicité et de loyauté".
Il a aussi souligné qu’il devait rechercher les responsabilités ayant entraîné à la liquidation de la compagnie de ferries. "La collectivité ne doit pas supporter un seul euro des dettes de la compagnie", estime-t-il.
Emplois
Quant aux salariés, il en dénombre 819 dans les effectifs de l’entreprise. En effet, sur un effectif total de 872, 53 salariés sont sous statut SNCF et ont déjà été reprise par la compagnie ferroviaire.
Il estime qu’il faut désormais reclasser les salariés restants au sein du groupe auquel ils appartiennent. La SNCF a fait savoir le 10 janvier qu’elle allait mettre en ligne sur Internet 500 offres d’emplois à destination des salariés de SeaFrance. Pour les autres salariés, ne pouvant être reclassés, le mandataire entend favoriser leur réembauche au sein de repreneurs éventuels.
Le groupe Louis Dreyfus Armateurs a fait savoir qu’il était en capacité de reprendre 300 salariés. Son président signale le 11 janvier sur RTL que le groupe ne reprendra pas les navires. "Notre projet n'est pas de reprendre SeaFrance, notre projet est de relancer une activité sur la ligne entre Calais et Douvres avec des navires qui seront les nôtres dans un premier temps et le recrutement de 300 personnes. Nous avons nos propres navires, la flotte (du partenaire danois) DFDS et le marché"", souligne Philippe Louis-Dreyfus. Il souligne que son groupe reprendra "les navigants et le personnel non-navigants, qui seront français, sur des navires français, et les conditions de travail seront celles qui sont dans le groupe Louis-Dreyfus depuis toujours".
Le gouvernement a assuré le 10 janvier que sa principale priorité dans ce dossier reste la question de l’emploi, sans donner de préférence à telle ou telle proposition.
Sur le plan des indemnités Stéphane Gorrias souligne qu’elles s’élevaient à 53 millions d’euros, dont 17 millions à la charge du régime de garantie des salaires. La SNCF a fait savoir le 9 janvier qu’elle allait verser 36 millions d’euros pour indemniser les salariés.

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