Les députés d’opposition alliés contre la réforme du médicament
Par Barbara Leblanc - Publié le
C’est dans l’après-midi du 4 octobre que l’Assemblée Nationale a voté la réforme du médicament par 309 voix pour et 31 voix contre. Mais avant même le vote, l’opposition contestait le texte présenté en conseil des ministres le 1er août dernier.
Pour les députés communistes, citoyens et du Parti de gauche (GDR), la réforme du médicament proposée par le ministre de la Santé "ne remet pas en cause le diktat de l’industrie pharmaceutique". Une manière pour eux de pointer les risques d’un nouveau scandale du Mediator. "Alors que les appétits financiers du groupe Servier ont primé sur la santé des patients, au point de faire entre 500 et 2.000 victimes, cette réforme n'apporte malheureusement aucune garantie qu'il en aille différemment à l'avenir", estime le GDR dans un communiqué.
Les députés expliquent notamment que la majorité présidentielle "ne met pas un terme aux conflits d’intérêts et se contente d’inviter les acteurs de la mise sur le marché du médicament à déclarer leurs liens éventuels avec l’industrie". Ils regrettent le rejet de la création d’un corps d’experts indépendants chargés d’évaluer l’utilité thérapeutique d’un nouveau médicament. Il en va de même pour la création d’un corps d’agents publics qui auraient pu se substituer aux visiteurs médicaux. Ce sont ces arguments qui ont motivé un vote contre pour ces députés.
Refus de vote
Du côté du parti socialiste, la contestation porte aussi sur la transparence. Mais décision a été prise d’aller encore plus loin. Les députés ne devraient pas voter le texte. L’objectif étant de donner une chance à un changement au texte qui passera par le vote au Sénat. Selon le chef de file des députés socialistes, Jean-Marc Ayrault, "il y a des avancées mais beaucoup d’insuffisance notamment sur le besoin de transparence". Le groupe PS entend se donner du temps pour éclairer l’opinion publique sur d’autres positions possibles.
Les députés ne sont pas les seuls à contester cette réforme. Début septembre, les industriels du médicament avaient riposté en lançant une grande campagne de publicité. Leur objectif était alors de dénoncer le détournement des objectifs de santé publique.
L’objectif de la réforme proposée par le gouvernement est d’introduire une plus grande transparence dans les liens d’intérêts entre les professionnels de la santé et l’industrie pharmaceutique. Lors de son audition par la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale le 13 septembre, le ministre de la Santé a estimé que la réforme du médicament avait un seul objectif, "celui de protéger le patient".
Le texte a été adopté par l'Assemblée Nationale par 309 voix pour et 31 voix contre.

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