Les déchets plombent les chantiers
Par CAMILLE CHANDÈS - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3257160 tonnes de CO2
Sur un chantier de démolition, le traitement des déchets représente plus de la moitié de l'empreinte carbone. Mais si les gravats sont réutilisés sur place, les émissions chutent ! C'est le constat dressé par l'Établissement public foncier d'Île-de-France (Epfif) qui a fait réalisé une étude carbone sur douze chantiers par le cabinet ECO2 Initiative en 2009. L'Epfif achète des terrains pour le compte de collectivités, procède à la démolition, à la dépollution et au désamiantage, avant de les revendre à des promoteurs. Sur les 160 tonnes équivalent CO2 émises pour remettre en état un site de 20 000 m2 (six bâtiments et des parkings), 54 % proviennent du traitement des déchets. La consommation de carburant des engins de chantier comptant pour 34 à 38 % de l'empreinte. Plus intéressant, si 3 000 tonnes de béton armé et de déchets de maçonnerie sont valorisés sur le site (pour faire du remblaiement) plutôt qu'évacués vers des déchetteries, les émissions sont réduites de 41 % ! L'Epfif n'a pas perdu de temps pour mettre en pratique ces conclusions. « En tant que maître d'ouvrage, nous prévoyons de concasser le béton sur le site quand cela est possible. Cette technique est en effet très bruyante », avance Sylvain Brillet, le directeur technique et responsable du développement durable de l'Epfif. Au-delà, l'établissement public s'est attelé à la sensibilisation des entreprises de démolition avec lesquelles il travaille. « Nous les rémunérons lorsqu'elles ont justifié d'un bon de décharge pour les déchets dangereux. Nous voulons en effet tracer nos déchets », conclut Sylvain Brillet.











