Les déchets ménagers aspirés en sous-sol

Par  - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3088

La collecte pneumatique des déchets nouvelle génération a fait son entrée en France. Pas encore question d'équiper directement les villes, mais plutôt les nouveaux quartiers en construction, sous le signe de l'environnement.

Narbonne en équipe un nouveau quartier. Des communes limitrophes de Paris, comme Romainville et Boulogne-Billancourt, songent sérieusement aux leurs. Paris, Metz, Nice, Bordeaux... autant de villes qui envisagent également d'avoir un jour recours à la collecte pneumatique des déchets.

Le principe est simple. On dépose son sac dans un conteneur fixe et profond. Au fond de ce conteneur, une valve permet de communiquer avec une canalisation souterraine de 50 centimètres de diamètre (à 2 mètres sous la surface du sol en moyenne). De façon régulière, un ventilateur situé au bout de la canalisation se met en marche et aspire l'air dans les tuyaux à une vitesse de 70 à 100 km/h. C'est alors que la valve au fond de la benne s'ouvre. Les déchets tombent sous l'effet de la gravitation, comme dans un vide-ordures. Mais en plus, l'air circulant à grande vitesse dans la canalisation y crée une dépression. Résultat, les sacs ne font pas que tomber, ils sont aspirés. En maximum 30 secondes, le contenu de la benne se retrouve au terminal, situé au maximum à 1,8 kilomètre. Les détritus sont séparés de l'air dans un cyclone qui les fait tomber dans un compacteur.

Grâce au logiciel, une gestion 24 heures sur 24

Ensuite, c'est le schéma habituel de traitement des déchets. Quant à l'air, il subit un premier filtrage qui retire les particules, soit grâce à des sacs tissés comme dans un aspirateur, soit avec un filtre humide qui capte les particules dans de l'eau. Puis, ce sont les bactéries et les fines molécules responsables des odeurs qui sont extraites en utilisant des charbons actifs ou des bio-filtres. L'air est alors relargué, propre et inodore.

Pour supporter les ordures lancées à grande vitesse, les matériaux employés doivent supporter une abrasion qui peut atteindre 1 millimètre d'épaisseur par an. D'où la nécessité d'alliages d'acier ou de fonte avec du manganèse, qui doivent résister au moins trente ans. Les constructeurs jouent ensuite sur les épaisseurs et la résistance des matériaux pour renforcer les parties sensibles, comme les coudes ou les zones à proximité du terminal, qui voient passer plus de circulation.

« Le principe existe depuis les années 1960. Mais la grande innovation est dans le logiciel qui gère la collecte automatiquement, et ce 24 heures sur 24 », explique Yannick Guegnon, le directeur général de la branche française d'Envac, la société suédoise qui commercialise ce système. En effet, tout est réglé pour optimiser la mise en marche des ventilateurs et économiser l'énergie. Le logiciel tient compte du niveau de remplissage des bennes calculé par des sondes à ultrasons, et du nombre de bornes de collecte sur un même périmètre pour établir le meilleur trajet pour l'air. Les ventilateurs, eux, sont installés en série et sont équipés de variateurs de fréquence pour ajuster l'aspiration à la distance à parcourir et au type de déchet collecté.

terminé les camions et leurs émissions de gaz

Ce qui séduit les collectivités ? « L'aspect développement durable, répond Yannick Guegnon. Le système fonctionne uniquement à l'électricité et consomme, selon la typologie du réseau, de 70 à 120kW/h à la tonne. Mais surtout, il n'y a plus de camions. Donc, on réduit les émissions de gaz. On supprime également les locaux à poubelles, peu hygiéniques et non accessibles aux personnes handicapées. Bref, c'est un tout. »

Le deuxième argument des opérateurs est la réponse à une piste évoquée par le Grenelle de l'environ- nement : la redevance individuelle selon la quantité de déchets. « Chaque borne de collecte peut être équipée d'un système de carte à puce qui identifie la personne et ajoute à son compte le volume ou le poids de ses déchets », explique Olivier Arrault, le chef de projet collecte pneumatique pour Sita. .

Imprimer
Afficher tous les magazines par année

Partagez l’info :

Partager cet article avec mon réseau profesionnel sur Viadeo linkedin envoyer à un ami

Effectuer une autre recherche

Rechercher
Recevez nos newsletters

Identifiez-vous