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Les débuts de l'intelligence énergétique

Le 27 septembre 2007 par Aurélie Barbaux | L'Usine Nouvelle n° 3070

La chasse au gaspi s'intensifie. Elle passe par un suivi précis des consommations et par des logiciels innovants d'optimisation, souvent portés par de jeunes PMI.

Faire baisser sa facture n'est plus la seule motivation pour réduire sa consommation d'énergie. Les nouvelles contraintes réglementaires, marketing et sociétales vont inciter entreprises et collectivités à mettre en place une gestion plus fine de leur consommation. Les audits énergétiques et les actions correctives localisées ne suffisent plus. Les grands fournisseurs d'énergie et les fabricants de matériel proposent déjà des solutions verticales par type d'énergie, par famille d'équipements ou, dans le bâtiment, centrées sur le confort.

Des PME se sont donc lancées dans le développement de logiciels et d'équipements qui permettent un contrôle en temps réel sur les installations consommatrices et sur plusieurs sites en même temps. « En fait, on assiste à l'émergence de solutions d'intelligence énergétique », observe Patrick Danvert, expert à l'Ademe de Rennes (Ille-et-Vilaine).

L'un des pionniers est Echelon, un spécialiste américain des réseaux et protocoles de communication. En Italie, il a installé avec Enel un réseau de 27 millions de compteurs intelligents chez des particuliers. Un investissement de 2,1 millions d'euros. Echelon ne travaille pas en solitaire. « Nous ne fournissons pas les outils logiciels d'optimisation temps réel qui sont développés avec des partenaires locaux », explique Fréderic Caillet, le responsable des ventes d'Echelon en France. Pour l'Hexagone, il s'agit surtout de Trilogie basée à Meylan (Isère) et sa filiale Energie Vision installée à Mortagne-sur-Sèvre (Vendée), deux spécialistes de la gestion technique de bâtiments qui ont développé des logiciels de maîtrise des consommations, accessibles via le web.

Un marché prometteur

Ils ne sont pas seuls. De jeunes entreprises innovantes, comme Terra Nova, Wirecom Technologies ou Ergelis investissent aussi ce secteur émergent, avec des approches et des technologies originales (lire ci-dessus). Pour imposer leurs logiciels au marché, ils partent tous à la chasse aux partenariats avec de grands constructeurs d'équipements électrotechniques et les fournisseurs d'énergie. Wirecom, par exemple, a signé un accord-cadre avec Schneider Electric, intéressé par sa technologie sur courant porteur. En 2006, le groupe allemand avait déjà fait l'acquisition de Napac, filiale de l'Air liquide spécialisée dans la télégestion multifluide.

Pour conquérir ce nouveau marché de l'optimisation de la consommation d'énergie, estimé entre 100 et 200 millions d'euros par an en France à l'horizon 2010, ces nouveaux acteurs savent qu'ils doivent d'abord éduquer les entreprises et les collectivités. « C'est un marché que nous sommes en train de créer », reconnaît Benoît Dubois-Taine, le président d'Ergelis. Les promesses de réduction des consommations d'énergie devraient aider ces nouveaux acteurs à faire entendre leur voix. Et leurs premiers clients seront, sans nul doute, leurs meilleurs ambassadeurs, tant il est « tendance » d'afficher ses efforts pour l'environnement.

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