LES CRÉATIONS NE SONT PAS LÉGION
Par DE NOTRE CORRESPONDANTE, COLETTE GOINER - Publié le | L'Usine Nouvelle n° 3248
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Les ouvertures d'usines concernent principalement le traitement des déchets et la santé.
L'activité de la nouvelle unité de traitement de déchets solides et gazeux d'OP Systèmes implantée au coeur du bassin de Lacq démarrera en décembre. L'investissement pour cette entreprise qui a mis au point une technologie de pyrogazéification des déchets pollués atteint 9,5 millions d'euros. L'usine traitera 62 000 tonnes de terres soufrées issues de l'exploitation du gisement de Lacq, ainsi que les gaz de torche d'Arkema. À Morcenx (Landes), CHO Power, filiale du groupe Europlasma, est dans la dernière ligne droite : son usine aura coûté 40 millions d'euros et produira 12 MW d'électricité. Opérationnelle au premier semestre 2012, elle sera la première centrale de valorisation énergétique de déchets banals industriels et de biomasse par gazéification.
Mais à l'évidence, dans la région en 2011, les ouvertures d'usines ne sont pas légions. « Sur le bassin de Lacq, analyse Jacques Lérou, directeur du développement à la Communauté de communes de Lacq, 60 millions d'euros sont investis chaque année dans des extensions de capacités par les entreprises implantées sur notre territoire. Mais, avec la crise, les créations ex nihilo sont rares et certains projets ont pris du retard. »
Le groupe E.on a bien acquis un terrain de 30 hectares près de Lacq en 2007, sans y avoir construit encore sa centrale à cycle combiné au gaz. Le début des travaux pourrait intevenir en 2012. L'italien Beltrame a investi 45 millions d'euros dans la construction d'un laminoir à Tarnos (Landes). Lancé en 2007, ce projet devrait être opérationnel au cours du premier semestre 2012.
La santé se muscle
En Gironde, le secteur de la santé se muscle, avec l'arrivée d'entreprises. EBC Médical, qui produit des équipements ophtalmologiques, quitte Marcoussis (Essonne) pour s'installer dans la Cité de la photonique, à Pessac, près de Bordeaux. Somedics, fabricant de sondes endocavitaires pour la stimulation cardiaque, a choisi de regrouper son siège social, basé à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine), et son unité de production de Château-Thierry (Aisne) sur un nouveau parc industriel dédié aux biotechnologies... à Pessac. La proximité du centre hospitalier universitaire et le potentiel de recherche universitaire bordelais ont pesé dans la balance.
Le groupe américain Steris, leader mondial des technologies de stérilisation et de décontamination recentre ses activités santé (fabrication de tables d'opérations et équipements annexes) éparpillées en Angleterre, en Suisse et en France (Saran, dans le Loiret), sur la commune du Haillan. Un investissement de 6,5 millions d'euros a été nécessaire pour créer ce site qui accueille le siège social Europe, des équipes et des activités de conception et d'assemblage. Le transfert de 140 salariés est prévu. La création d'une centaine d'emplois dans les trois ans aussi.
« Je fais de l'innovation de rupture », aime à répéter Didier Pineau, directeur général du groupe Europlasma (230 salariés, 40 millions d'euros de chiffre d'affaires), qui lance à Morcenx (Landes) une filiale baptisée CHO Power. La création de la première centrale de valorisation énergétique de déchets banals industriels et de biomasse par gazéification représente un investissement de 40 millions d'euros. Ingénieur en mécanique, Didier Pineau a mis au point dans les années 1980 les torches à plasma industrielles au sein de l'établissement girondin d'Aérospatiale, devenu EADS Astrium. « Cette technologie à très fort potentiel n'avait pas d'avenir dans le groupe », dit-il. Il le quitte donc en 1992 pour créer Europlasma. Objectif ? Vitrifier les cendres issues des ordures ménagères. Il vendra des torches en Corée, au Japon...

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