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Les couches minces sont l'avenir du photovoltaïque français, selon EDF EN

Le 29 juillet 2010 par Morgane Remy
Photovoltaïques
© Chandra Marsono

Si la France veut se tailler la part du lion dans le marché juteux du photovoltaïque, il va falloir se démarquer de la Chine, avec ses faibles coûts de production. EDF Énergies nouvelles plébiscite la technologie des couches minces. Cette filiale d'EDF vient comme de juste de s'engager à acheter sur 10 ans les couches minces fabriquées par l'américain First Solar, dans la future usine de Bordeaux.

« La France ne peut pas se payer le luxe de pas avoir sa place dans les énergies renouvelables. Il faut créer une industrie française dans le photovoltaïque », défend Pâris Mouratoglou, lors de la présentation des résultats trimestriels d'EDF énergies nouvelles. Alors que l’éolien connait quelques années de vaches maigres, le solaire pourrait être le fer de lance de l’industrie française des énergies renouvelables. Mais, « le solaire coûte cher. Il va falloir faire des choix », annonce-t-il.

Concurrence. Sur les trois types d’installations photovoltaïques listés par la filiale d'EDF, la France ne peut être compétitive que sur les deux plus légères, explique Pâris Mouratoglou. La toiture résidentielle ne représente qu’une production marginale, « mais elle a des vertus pédagogiques encourageant les individus à éteindre leur lumière ou fermer le robinet d’eau ». Les centrales au sol produisent beaucoup plus, avec un rapport coût/bénéfices rentable. « Cette filière est compétitive au niveau mondial. Elle est également créatrice d’emplois sur notre territoire », explique le président d’EDF EN. La France se fait néanmoins distancer par les pays asiatiques pour les toitures commerciales, avec des panneaux en silicium polycristallin. Les panneaux solaires de ce type sont fabriqués en Chine. Pâris Mouratoglou dresse un tableau sans concession : « La technologie française se développe mais elle ne sera pas disponible avant des années. Or, ce sont des investissements coûteux sans grand impact pour notre industrie. »

Lobbying. Pourtant, le solaire monte en puissance grâce à de nombreuses subventions hexagonales. « Il faut que les subventions

EDF EN et First Solar s'allient

Le plus important site de production photovoltaïque français s’installera à Blanquefort, près de Bordeaux. Les travaux de construction devraient débuter au second semestre 2010 et s’achever mi-2011. First Solar y produira des panneaux photovoltaïques ultraminces, une technologie utilisant un matériau semi-conducteur, le tellurure de cadmium. Ce procédé de fabrication permettant de transformer un panneau de verre en panneau solaire complet en deux heures et demie. La future usine aura une capacité de 110 MW et emploiera 400 salariés. C’est la deuxième implantation en Europe pour le groupe américain. Pendant dix ans, EDF Energies nouvelles s’engage à acheter la totalité de la production du site.
permettent de développer l’industrie française », affirme David Corchia, directeur général. Le soutien étatique risque en effet d'être remis en cause. L'aide fiscale (crédit d'impôt aux particuliers pour l'installation d'un kit photovoltaïque de 3 kW) pourrait ainsi être rabotée, et le tarif de rachat de l'électricité produite par une installation photovoltaïque réduite à la rentrée.

Pour cela, EDF EN a misé sur les couches minces car l’entreprise considère la bataille du silicium cristallin comme d’ores et déjà perdue. « Une usine de panneaux de silicium française ne peut pas faire face aux bas coût de la main d’œuvre chinoise. La seule possibilité de différenciation est technologique », explique le directeur général. Le savoir-faire des laboratoires et des ingénieurs ont rendu la France compétitive dans la production de ces panneaux, qui sont devenus moins chers que le silicium cristallin. C’est dans cette logique qu’EDF EN a attiré l'américain First Solar, spécialiste des couches minces, en France. « Nous les avons convaincu de venir en France. Nous ne pouvions pas les convaincre sur les coûts de production mais nous avons mis en valeur le grand marché local que représente la France. Nous avons créé les conditions pour l’attirer et fonder une filière solaire française », explique Pâris Mouratoglou. Comprenez : EDF EN s'est chargé de faire du lobbying auprès du gouvernement pour soutenir la filière. En particulier, celle des centrales au sol mettant en jeu des couches minces.

Morgane Remy


Lire aussi :
Photovoltaïque : recettes pour une filière industrielle
Risque de black-out photovoltaïque : Enerplan répond à ERDF
L’aide fiscale au photovoltaïque va être rabotée
 

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1 réaction

Philippe de Casabianca | 30/07/2010 - 12H34

Il y a un bel exemple de cellules photovoltaïques fines qui marchent bien, celles du Solar Impulse, l'avion solaire cf http://fr.wikipedia.org/wiki/Solar_Impulse cité par Robert Kandel dans Turning the Tide on climate change cf http://sendit.cefic.org/DMZ/DownLoad.aspx?UID=ff38301b-a2a5-4e4d-adb2-6d906113b412

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