"Les constructeurs automobiles étrangers vont poursuivre leurs investissements en Chine"
Par Barbara Leblanc - Publié le
Le 31 janvier dernier, la Chine a mis fin aux réductions de droits de douane pour les importations d’équipements dans le secteur automobile. Parallèlement, le gouvernement débloquait une enveloppe pour les constructeurs locaux. L’Usine Nouvelle revient avec Bertrand Rakoto, expert chez R.L.Polk, sur les mouvements sur le premier marché du monde.
L'Usine Nouvelle - Quel va être l’impact pour les constructeurs étrangers de la décision de la Chine de renforcer les règles pour eux ?
Bertrand Rakoto - Cette décision ne devrait pas affecter largement les constructeurs étrangers déjà implantés en Chine. Notamment parce qu’une grande partie de leurs investissements est déjà réalisée. Il n’y a pas de technologies en propre développées pour la Chine. Si le constructeur a déjà une usine et a un partenariat avec une entreprise locale, l’impact sera mineur. Il portera peut-être sur des investissements moins lourds que maintenant et la profitabilité pourra être légèrement affectée.
De nouveaux constructeurs vont-ils tout de même se lancer sur le marché ?
Renault par exemple qui n’est pas présent sur ce marché devrait venir tout de même éventuellement avec l’aide de Nissan et des accords dont la marque dispose sur place. Le constructeur devra investir dans des moyens de production pour pouvoir assembler des modèles, mais surtout pour développer un réseau. Mais au regard de l’importance du marché chinois, la majorité des constructeurs étrangers vont poursuivre leurs investissements. Ils seront certainement plus ciblés et moins généralisés. Les constructeurs vont se concentrer sur les gammes les plus appropriées.
Quel est le but d’une telle réforme en Chine ?
Le gouvernement chinois espérait en aidant jusque-là les constructeurs étrangers un transfert de compétences vers les groupes partenaires chinois. Mais les constructeurs étrangers ont conservé leurs technologies. Avec cette nouvelle mesure, le gouvernement entend donc permettre aux constructeurs locaux d’être plus compétitifs aux niveaux local et mondial. En attribuant une enveloppe de 592 millions d’euros à l’égard des constructeurs locaux, il veut par exemple soutenir la recherche pour qu’ils s’approprient leurs propres technologies.

dans la même rubrique
27/05/2012 Un mastère à l’international nuclear academy27/05/2012 Le papetier qui veut protéger les forêts
27/05/2012 Production












