Les compagnies aériennes européennes refusent de nouvelles charges sur le CO2

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© Ena Tounes - Flickr - c.c.

Par la voix de l'AEA, les compagnies aériennes de l'UE ont dénoncé les mesures préconisées par la commissaire européenne en charge du climat pour relever le prix du CO2 comme une taxe supplémentaire à leur charge.

Les polémiques se suivent et se ressemblent autour de la taxe carbone imposée par l'Union européenne aux compagnies aériennes pour compenser leurs émissions de gaz à effet de serre.

La commissaire européenne en charge du climat, Connie Hedegaard, a déclaré le 25 juillet vouloir "augmenter artificiellement le prix des quotas de CO2 vendus au travers du système d'échange européen (ETS)", a dénoncé dans un communiqué l'Association des compagnies aériennes européennes (AEA).

"La mise en oeuvre de cette mesure aurait des conséquences négatives pour les compagnies aériennes, qui font face à des pertes de 1,5 milliard d'euros en 2012", soutient l'AEA.

Connie Hedegaard a recommandé de geler un nombre conséquent de quotas de CO2 mis en vente dans l'UE sur la période 2013-2020 afin de relever le prix du carbone, actuellement trop bas pour financer les investissements dans les énergies renouvelables.

Quelque 8,5 milliards de tonnes de CO2 seront mises aux enchères durant la période 2013-2020. La commissaire européenne en charge du climat présente trois options : un petit gel de 400 millions de tonnes, un gel moyen de 900 millions de tonnes et une grosse intervention avec un gel de 1,4 milliard de tonnes.

Le Parlement européen préconise cette dernière option. Elle aurait le mérite de doubler le prix de la tonne de CO2, actuellement de sept euros, à 14 ou 15 euros, selon les estimations.

Une législation européenne, entrée en vigueur sur le papier le 1er janvier, oblige les compagnies opérant dans l'UE, quelle que soit leur nationalité, à acheter en 2013 l'équivalent de 15 % de leurs émissions de CO2, soit 32 millions de tonnes, pour lutter contre le réchauffement climatique.

Vingt-six des 36 membres de l'Organisation de l'aviation civile internationale, dont la Chine, les Etats-Unis, l'Inde et la Russie, se sont opposés à cette obligation. La Chine a évoqué de possibles représailles, qui pourraient se focaliser sur les commandes passées auprès de l'avionneur européen Airbus.

L'Union européenne, qui contribue pour 11 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre, a décidé en 2003 d'instituer un système d'échange de quotas d'émission de CO2 (ETS) afin de lutter contre le réchauffement climatique.

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