Près de 300 entreprises préparent les accords pénibilité et égalité hommes-femmes au sein de « clusters sociaux ».
La loi de novembre 2010 sur les retraites rend obligatoire la négociation d'accords, ou plans d'action, sur la pénibilité et sur l'égalité professionnelle. L'Agence nationale pour l'amélioration des conditions de travail (Anact), plutôt que d'aider chaque entreprise individuellement, a choisi de les réunir dans des groupes de travail. L'objectif est le même que dans un cluster technologique : faire mûrir des projets ensemble.
L'expérimentation concerne 294 entreprises, réparties dans 36 clusters et 10 régions. D'autres clusters (consultez le site www.anact.fr) pourraient voir le jour. « Ce qui plaît le plus aux entreprises, note Catherine Coquillat, de l'Aract Centre, c'est échanger. Un bon moyen de sortir de leur isolement ! » Dans les Pays de la Loire, l'Aract a lancé deux clusters, auxquels participent 17 entreprises de 50 à 300 salariés.
Dresser le bon diagnostic
Originalité de la démarche : chaque dirigeant doit venir accompagné d'un représentant du personnel. Pas facile de convaincre un DRH d'afficher ses doutes devant son secrétaire de CE. Pourtant, ce dispositif a convaincu tout le monde. Patrons et syndicalistes se découvrent une envie commune d'avancer. Selon Jean-Paul Peulet, le coordinateur du réseau Aract, « des personnes censées être dans des jeux d'opposition deviennent partenaires ». L'idée est de partir de ce qui existe, les plans seniors, qui peuvent être améliorés et servir de base aux autres plans. Pour établir un bon diagnostic des conditions de travail, il faut croiser plusieurs indicateurs : métiers occupés par les femmes, pénibilités, lien entre l'absentéisme et certains postes...
De retour dans l'entreprise, dirigeant et représentant du personnel recoupent ces données et font parfois appel à d'autres contributions en interne. C'est la principale difficulté : partager l'acquis des réunions. Dans la région Centre, le cluster a laissé deux mois entre la cinquième et la sixème séance pour que les binômes avancent sur les pistes d'actions à mener. Autre difficulté : mobiliser deux personnes pendant six journées sur sept ou huit mois.
Ces intitiatives donnent des résultats. Dans le Centre, une entreprise, après avoir dressé une cartographie d'exposition aux risques, a aménagé les fins de carrière ; une autre s'est penchée sur le retour des femmes après un congé parental ; une troisième a réorganisé le travail en vue d'une meilleure articulation vie professionnelle-vie privée de ses salariées. Jean-Paul Peulet est sûr d'une chose : « Les bases d'un futur dialogue social riche ont été posées. »









