Les clusters et pôles de compétitivité seront internationaux ou ne seront pas

Le 06 novembre 2009
De droite à gauche, Luc Rousseau, DGCIS, Jean-Noël Durvy, DG Entreprises et Industrie de la Commission européenne, Tea Petrin, présidente de l’European Cluster Policy pour l’UE, et Pierre Laffitte (Fondation Sophia Antipolis, organisateur du Forum des pôles de compétitivité)
De droite à gauche, Luc Rousseau, DGCIS, Jean-Noël Durvy, DG Entreprises et Industrie de la Commission européenne, Tea Petrin, présidente de l’European Cluster Policy pour l’UE, et Pierre Laffitte (Fondation Sophia Antipolis, organisateur du Forum des pôles de compétitivité)
© AM Rouzeré

Au 5ème forum des pôles de compétitivité réuni à Sophia Antipolis, les 5-6 novembre, démonstration est faite du bien-fondé et des premières retombées de la coopération entre pôles au niveau européen.

Rapport après rapport, l’évaluation du dispositif des pôles de compétitivité, à l’œuvre depuis cinq ans maintenant dans l’Hexagone, met en évidence le paradoxe de l’obligation de «penser global, agir local ». Pour avoir un impact réel sur le développement économique de leur région, encore faut-il que ces groupements d’industriels et de centres de recherche atteignent un certain degré de visibilité du fait de leur taille ou de leur expertise. Un paradoxe d’autant plus délicat à affronter que, comme le rappelle le bilan « globalement positif » livré le 14 octobre par la commission d’évaluation présidée par les sénateurs Marc Daunis et Michel Houel, « 90% des entreprises associées aux pôles sont des PME », donc peu armées à cet égard. 

Un axe naturel de coopération franco-allemand

Une pièce de plus est apportée à ce dossier, lors du forum « World Class Clusters » des 5-6 novembre à Sophia Antipolis, avec le constat d’un axe naturel de coopération franco-allemand présenté par le secrétaire d’Etat Frieder Meyer-Krahmer au nom du ministère allemand de l’enseignement et de la recherche. Dans le cadre du programme Spitzenclusters, cousins allemands de nos pôles, une étude sur les initiatives de coopération internationale constate qu’une moitié de ces clusters (6 sur 13) ont proposé et affiché des partenaires français. Du côté de la recherche, il est par ailleurs démontré que la valeur ajoutée (impact scientifique) des publications issues d’une coopération internationale est de 50% à 300% plus élevée que celle issue d’un travail strictement national. Mieux : ce bonus de 300% est atteint quand cette coopération est franco-allemande (dans le domaine de la santé). Et on ne saurait taxer de partialité ce résultat puisqu’il vient d’une étude britannique (Patterns of international collaboration for the UK and leading partners, Jonathan Adams et al, Evidence Ltd 2007 : étude menée sur 9 pays, UK, USA, Allemagne, France, Canada, Japon, Chine, Inde, Australie).

Il n’empêche : «En comparaison avec l’Europe de la recherche, l’Europe de l’innovation est encore beaucoup trop morcelée », déplore le sénateur Pierre Laffitte, organisateur du Forum avec la Fondation Sophia Antipolis. Certes, en France, le club des 17 pôles mondiaux met au rang de ses priorités le soutien aux échanges internationaux et à la mutualisation en tous genres qui permet aux PME d’y participer (prise de position du club des 17 en juin 2009). La gouvernance des pôles est en première ligne de cette mise en cause. A l’instar d’une initiative conjointe du Danemark et de la Suède autour d’un dispositif d’ambassadeurs représentant la gouvernance d’un pôle auprès de clusters étrangers, notre direction générale de la compétitivité (DGCIS) a lancé en septembre un appel à projets pour la désignation de tels ambassadeurs.

Opération dans laquelle, selon Luc Rousseau, directeur de la DGCIS, s’est déjà engagé le pôle Systematic en Ile-de-France, ainsi que le pôle SCS (région Paca) sous un angle euro-méditerranéen. Dans le domaine de la santé, l’initiative ABC Europe regroupe 14 clusters de 13 pays, dont le pole francilien Medicen et Biovalley en Alsace. Pour rappel, l’Union et la Commission européenne, avec son arsenal de soutien à la coopération trans-nationale (observatoire européen des clusters, Cluster Policy group, club of clusters managers, centre UE-Japon pour la coopération industrielle), a prévu un budget de 30 milliard d’euros (au delà des 86 milliards d’euros du PCRD 2007-2013) pour le soutien à l’internationalisation de l’innovation des PME, médiatisé notamment par les clusters.

Anne-Marie Rouzeré

Plus d’info :
Rapport du sénat sur les pôles de compétitivité (14 octobre 2009)
Plus d’informations sur le dispositif européen
 


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