LES CLES D'UNE REUSSITE: SIGNATOP
Ajuster ses moyens au marché
En opérant une refonte radicale de ses structures, cette entreprise de Vierzon a préservé son leadership européen.
1/ Redimensionner les structures et les moyens
Sans attendre, la guerre aux frais généraux a été déclarée. Et les effectifs sont passés de plus de 1000 à 800personnes. Le siège social de Nanterre (Hauts-de-Seine) a été transféré à Vierzon (Cher) dans les locaux d'Apia. A elle seule, cette mesure aurait permis d'économiser près de 10millions de francs. Commentaire d'Alexandre Schajer: "Les premiers dirigeants de Signatop ont péché par excès d'ambition. Ils ont vu trop grand, trop vite... Les objectifs n'étaient pas tenables. Et les structures étaient taillées trop large. D'où des frais fixes prohibitifs." D'autre part, entre 1992 et 1993, le budget achats a été réduit de 100millions de francs. Au final, malgré un chiffre d'affaires en légère baisse, la rentabilité s'est spectaculairement redressée.
2/2 Faire jouer les synergies entre filiales
Mais pas question de se contenter de ces premières mesures d'urgence. Des réorientations plus fondamentales s'imposent. En particulier dans les méthodes de production. Ainsi, Alexandre Schajer cherche à mieux jouer des synergies possibles entre les filiales, notamment en renforçant leurs spécialisations techniques: constructions métalliques et transformation du plastique chez Apia, travail du verre et de la toile chez Roura, du métal chez Apadil... Chaque site conserve naturellement sa vocation d'assemblage final et d'installation. Mais le recours à la sous-traitance est développé. Car la fabrication des enseignes fait appel à un nombre croissant de technologies. Et les séries ne sont pas forcément suffisantes pour justifier de lourds investissements; 10millions seront cependant consacrés à l'installation d'un système de GPAO.
3/3 Des services commerciaux quadrillant le terrain
Signatop reconquiert des marchés. Grâce à des délais plus courts et à des services plus étoffés. En particulier dans la maintenance. Avec une cible clairement définie: les enseignes de succursales impliquant des effets de série. Elf, Total, Renault, McDonald's, Société générale, Crédit lyonnais, Axa..., qui comptent parmi les principaux clients de la firme, sont désormais rassurés par sa santé retrouvée. D'ailleurs, le marché redémarre. Et, Signatop développe des produits destinés aux nouvelles formes qu'emprunte le commerce: chaînes de magasins franchisés, enseignes, signalétique pour PLV (publicité sur le lieu de vente).
: UN PARCOURS HAUT EN COULEUR
Un peu par hasard, mais surtout par goût, Alexandre Schajer (47ans) a toujours choisi ses "jobs" dans des métiers proches de la couleur et de la communication. Titulaire d'un BTS de distribution et du diplôme du CPA, il a d'abord exercé diverses fonctions commerciales avant de devenir éditeur d'un magazine. Après une dizaine d'années passées chez Bongrain comme directeur de filiales dans la branche édition, il devient directeur, puis président, de ColArt (groupe Beckers), le numéro1 mondial des couleurs fines pour artistes (marques Lefranc et Bourgeois, Winsor and Newton). Partout Alexandre Schajer a su restructurer des activités malades ou "essoufflées" puis les redéployer sur le plan international. Un talent qu'il met depuis un an et demi au service de Signatop.
USINE NOUVELLE - N°2464 -









