Les Chinois se payent l'industrie européenne
Par Mirel Scherer - Publié le
Profitant d'un trésor de guerre faramineux, les entreprises chinoises rachètent à tour de bras des fleurons de l'industrie du Vieux continent. Elles s'assurent l'accès à un riche portefeuille d'innovations.
Les rachats se suivent et se ressemblent. Plusieurs constructeurs allemands de machines-outils sont ainsi passés ces dernières années sous bannière chinoise. La Chine est devenue non seulement le premier consommateur mondial mais aussi le numéro un de la production mondiale de machines-outils. Devant, excusez du peu, le Japon ou l'Allemagne.
Il est vrai que pour le moment, la Chine ne produit que des machines-outils d'entrée de gamme, mais ces rachats lui permettront de brûler, technologiquement parlant, les étapes. Début 2012, le groupe SHIG-Weichai a pris le contrôle de l'italien Ferretti, le plus grand producteur mondial de yachts de luxe. Pour un montant de 374 millions d'euros.
Le fabricant de panneaux solaires LDK Solar a annoncé son intention de racheter une petite entreprise allemande en difficulté, Sunways. Le groupe Sany Heavy Industrie, leader du marché chinois de pompes à béton, rachète avec la participation du fond d'investissement chinois Citic PE, le constructeur allemand Putzmeister.
Ce dernier, l'un des fournisseurs importants de machines pour le BTP, appartient à la famille de Karl Schlecht, le fondateur de Putzmeister. Une opération dont le coût, resté confidentiel, est estimé à 500 millions d'euros. "Ce qui en fait l'un des plus gros rachats par une entreprise chinoise en Europe et donne naissance à un géant mondial du BTP", indique une source proche du dossier.
Avec ce rachat, la firme allemande peut garantir le financement futur de ses activités. Quant au groupe chinois, il ajoute à son catalogue des produits à la pointe de la technologie et des innovations "made in Germany".
La marque Putzmeister représentera le haut de gamme au sein du groupe ont indiqué les deux sociétés dans un communiqué. Putzmeister, dont le siège est à Aichtal, dans le Bade-Wurtemberg, emploie 3 000 personnes et a engrangé l'an dernier 570 millions d'euros de chiffres d'affaires.
Le groupe Sany, dirigé par Liang Wengen, l'homme le plus riche de Chine, emploie 70 000 salariés dans 150 pays. Il s'était déjà illustré en 2009 avec l'annonce de la construction d'une usine et d'un centre de recherche et développement près de Cologne, en Allemagne.
1 réaction
Camille | 31/01/2012 - 06H17
"Les Chinois se payent..." Il s'agit de quelques entreprises qui font ce que font tous les grands groupes. S'il s'agissait d'entreprises américaines ou françaises, vous ne vous permettriez pas d'écrire "Les américains se payent..." ou "Les Français se payent..." . Mais lorsqu'il s'agit de la Chine tout est permis pour entretenir la peur et le rejet. Bravo. Pour information "Les Chinois" sont 1,4 milliard dont une bonne partie vit à peine au dessus du seuil de pauvreté.

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