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Dossier

Le monde selon Fukushima

Les chinois définitivement en tête dans la course à l’EPR

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Dôme de l'EPR de Taishan - Octobre 2011
© D.R.

Areva a commencé la construction du premier cœur nucléaire du réacteur en chantier à Taishan, en Chine. Il sera livré dès 2014, marquant l’avance écrasante prise par les projets chinois par rapport à Flamanville.

La fabrication des premiers assemblages de combustible à destination de la centrale EPR de Taishan 1 en Chine est achevée. Areva l’a réalisée dans son usine de Romans dans la Drôme. Il faudra en tout trois campagnes pour réaliser le premier cœur du réacteur chinois. "Un cœur de réacteur EPR est constitué de 241 assemblages de combustible", précise l’ingénieur nucléaire français. Ce jalon important dans l’avancement du projet chinois souligne par ailleurs le retard pris par les deux EPR en construction en Europe, à Flamanville en France et à Olkiluoto en Finlande.

Premiers tests fin 2013

En effet, les premiers tests de Taishan 1, construit par TNPJVC, coentreprise du chinois CGNPC (70 %) et EDF (30%), auront lieu en fin d’année 2013 et le cœur sera livré en 2014. Le démarrage suivra. Les deux réacteurs européens devraient, pour leur part, être mis en service deux ans plus tard. Problème, le chantier finlandais a débuté quatre ans avant le chantier chinois, et le chantier français deux ans avant. Ces deux réacteurs affichent de plus un dépassement financier de 2,5 milliards d’euros. La réussite des constructions chinoises est liée à l’organisation de la filière nucléaire locale, qui bâtit 26 réacteurs simultanément. Le projet a été à peine ralenti par l’accident de Fukushima le 11 mars 2011, qui avait poussé la Chine à s’engager, à l’instar des autres pays nucléarisés, dans une revue de son parc nucléaire.

Une vitrine pour EDF et Areva

Si Flamanville et Olkiluoto ont pu faire douter de la possibilité d’arriver à construire le réacteur de 3e génération EPR, EDF et Areva entendent bien s’appuyer sur la réussite chinoise pour le promouvoir. Areva a l’ambition d’en vendre 10 exemplaires d’ici à 2016. EDF est actuellement en négociation avec le gouvernement britannique sur des tarifs de rachat garantis pour construire deux EPR à Hinkley point. Des négociations difficiles… Mi-février, Henri Proglio, PDG d’EDF, affirmait : "Nous n’irons pas sans garantie formelle de rentabilité de nos investissements". Outre-Manche, des tensions se font sentir également. Le comité sur l’énergie et le climat appelle le gouvernement à la vigilance. Le retrait des groupes allemands des projets nucléaires et la prudence d’EDF font planer un doute sur l’émergence dans les temps de l’énergie nucléaire dont le pays a besoin.

Ludovic Dupin

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