« Les Chinois copient nos savoir-faire, mais ne s’encombrent pas de détail »
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Au salon professionnel de l’environnement Pollutec, les petits manufacturiers partagent leurs inquiétudes sur l'invasion des produits chinois. Particulièrement concernés, les industriels de la robinetterie et du sanitaire défendent une fabrication hexagonale.
Ce matin, les discussions de couloir du salon Pollutec démarrent… en extérieur. Pour cause de chutes de neige intempestives, les exposants mettent deux heures à rallier leur stand depuis leur hôtel. Un petit groupe de professionnels de l’eau se forme, dans la file d’attente pour attraper une navette les emmenant jusqu’à Eurexpo.
« J’en ai visité des fonderies en Chine. Mieux vaut ne pas demander l’âge des travailleurs là-dedans, c’est de 8 ans à 70 ans ! ». Ce professionnel est dépité. Il connaît bien ses produits : il a été lui-même fondeur avant de revendre son affaire. Il est aujourd’hui représentant pour des fabricants de branchements de robinetterie, depuis l’arrivée d’eau jusqu’au compteur d’eau. « Je défends la fabrication française, tout simplement pour des raisons de qualité. Une conduite d’eau, quand on la pose, elle dure 50 ans. Dans certains endroits, on va devoir rouvrir les tuyaux dans 8-10 ans, parce qu’il y aura des fuites… c’est très dommage. C’est le prix d’acheter chinois », explique-t-il.
« Suez commence à mal tourner, à se fournir en Chine », commente un autre professionnel de l’assainissement. « Tôt ou tard, les prix chinois vont augmenter. Quand on voit que chez Renault, les salaires sont passés de 200 euros à 270 euros par mois, cela semble peu, mais en pourcentage c’est énorme ! » ajoute un troisième. « Les consommateurs chinois vont s’équiper en voitures, en électroménager, le niveau de vie va forcément augmenter. Les prix des pièces qu’ils nous vendent aussi. Si on leur a trop donné notre industrie, ce sera le déclin pour nous en France », déplore-t-il. « Ils copient nos savoir-faire, mais ne s’encombrent pas de détail. S’ils peuvent remplacer une peinture peu toxique par une peinture au plomb, ils le font ».
La solution pour protéger la qualité française plébiscitée par ces professionnels: les normes de sécurité et d’exigence sanitaire. « On pousse auprès des clients pour appliquer les normes ISO14001 et tout le bazar, même si des fois, on sait qu’ils ferment les yeux. Il faut être présent au moment de la définition du cahier des charges, c’est un travail de longue haleine ».
1 réaction
Mario | 01/12/2010 - 13H21
"Quand on voit que chez Renault, les salaires sont passés de 200 euros à 270 euros par mois".
Renault n'est pas en Chine cela lui est d'ailleurs souvent reproché.

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