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Les Champions de la CroissancePremier prixPINGUELY-HAULOTTE : UNE MONTEE EN FLECHEMisant avant l'heure sur le développement des nacelles, Pinguely-Haulotte fonde sa croissance sur l'écoute des clients et son organisation industrielle.

Publié le | L'Usine Nouvelle n° 0003

Les Champions de la Croissance

Premier prix

PINGUELY-HAULOTTE : UNE MONTEE EN FLECHE

Misant avant l'heure sur le développement des nacelles, Pinguely-Haulotte fonde sa croissance sur l'écoute des clients et son organisation industrielle.



" Je m'amuse beaucoup ", confie volontiers Pierre Saubot. Un état d'esprit compréhensible pour celui qui a transformé un moribond en leader européen des nacelles automotrices élévatrices de personnes, avec une croissance moyenne de plus de 37 % par an depuis 1995, une rentabilité nette de 6,6 % et un cours de Bourse multiplié par 21 (de 1,3 à 28 euros) depuis son introduction au second marché, en décembre 1998. Pourtant, en 1985, le pari semble fou. Pinguely, créé à L'Horme (Loire) en 1881, fabrique des grues mobiles. Fondé en 1924, à Chambéry (Savoie), Haulotte est passé des locomotives aux grues. Mais, au sein de Creusot-Loire, les deux sociétés sont condamnées à fermer. Fort de ses expériences dans le levage et le redressement d'entreprises, Pierre Saubot les achète pour un prix initial de 2 millions de francs. Aussitôt, il concentre la production des grues sur Pinguely et cherche un produit de diversification pour Haulotte. Par goût du défi, au " feeling " aussi, il opte pour la nacelle, dont le marché, qui explose aux Etats-Unis, est à bâtir en Europe.

Un choix parfois difficile à assumer, en raison d'un décollage assez lent, puis de la crise économique de fin 1992. " Du jour au lendemain, nous avons dû reconstituer le carnet de commandes, avec une remise de 20 % sur nos prix. " Pierre Saubot maintient cependant une veille très active et investit dans la recherche (jusqu'à 5 % du chiffre d'affaires). Une règle toujours d'actualité, qui permet de sortir quatre nouveaux modèles par an. Ainsi, le groupe redémarre-t-il en 1994. " Malgré des enquêtes clients qui indiquaient le contraire, il était évident que, comme aux Etats-Unis, ça ne pouvait pas se passer autrement ", se rappelle ce Supelec de 57 ans. En outre, Pinguely et Haulotte, fusionnés en 1995 pour abaisser le point mort, se recentrent sur la conception, " à partir de l'écoute des clients, à 80 % des loueurs ", précise Pierre Saubot, et sur l'assemblage. Autre virage crucial, en 1997 : l'abandon de la fabrication des grues.

Le seul généraliste européen

Avec une gamme très large, de nacelles à flèches articulées, flèches télescopiques, mâts verticaux, et de plates-formes à ciseaux, la PME s'impose alors comme le seul généraliste européen, face aux américains JLG, Grove et Genie. De la sorte, elle profite à plein de la recherche de productivité dans le B-TP et des nouvelles contraintes réglementaires sur le travail en hauteur, qui dopent le marché européen (passé de 6 000 machines en 1995 à plus de 30 000 en 2000). En parallèle, elle ouvre des filiales de distribution, en Europe de l'ouest et en Australie. Résultats : Pinguely-Haulotte a conquis 35 % environ du marché français et 20 % du marché européen. Elle produira 6 700 unités en 2000, et entre 13 000 et 15 000 en 2001. " Hors croissance externe ", souligne Pierre Saubot, à l'affût de toute opportunité, surtout aux Etats-Unis, " si le risque est mesuré et la rentabilité équivalente ". Du coup, l'entreprise rhônalpine a ouvert cette année un troisième site de production, à Reims, et conclut des partenariats avec deux sous-traitants pour leur déléguer des assemblages. Mais elle ne pourra en rester là, car Pierre Saubot veut désormais se rapprocher des deux premiers mondiaux, JLG et Grove. De quoi bien " s'amuser " encore. Arnaud Jadoul







LES AUTRES CHAMPIONS

Plus de 500 millions de francs de chiffre d'affaires

EXEL INDUSTRIES

P-DG : Patrick Ballu

Actionnariat : familial 75 %, public et salariés 25 %

Siège : Epernay (Marne)

Résultat courant : 117,2 MF

Un renforcement de la présence internationale

Le numéro 1 mondial des pulvérisateurs agricoles renforce son implantation internationale et son offre. Après l'anglais Eurotec (pulvérisateurs hydrostatiques pour peintures en poudre) et l'italien Protec (accessoires d'arrosage) en 1999, il a acquis le français Agis (pompes de puisage et d'arrosage) et le suisse Fischer (pulvérisateurs agricoles). Son activité a encore progressé de 6 % en 2000.

ESSILOR INTERNATIONAL

P-DG : Xavier Fontanet

Actionnariat : Bourse 58 %, Saint-Gobain 32 %, salariés 10 %,

Siège : Charenton-le-Pont (Val-de-Marne)

Résultat courant : 1 268 MF

Le succès du polycarbonate et une couverture mondiale renforcée

Tandis que Saint-Gobain sort de son capital, le numéro 1 mondial des verres correcteurs ne relâche pas ses efforts. Il a réalisé de nouvelles acquisitions aux Etats-Unis, au Mexique et en Nouvelle-Zélande. La sortie du verre en polycarbonate Airwear est un succès. Son alliance avec le japonais Nikon, le lancement de la cinquième génération de verres progressifs et une présence soutenue dans le commerce électronique devraient encore alimenter sa croissance.

MANITOU

Président du directoire : Marcel-Claude Braud

Actionnariat : familial 62,9 %, Geneval 5 %, Toyota 3 %, Bourse 29,1 %

Siège : Ancenis (Loire-Atlantique)

Résultat courant : 438 MF

Le levage tous azimuts

Le leader mondial des chariots tout terrain profite d'une conjoncture favorable dans l'agriculture, le bâtiment et l'industrie. Sa progression a aussi été amplifiée par le renouvellement complet de sa gamme de chariots télescopiques. Manitou accroît désormais ses capacités de production et accélère son développement sur le marché des nacelles par le biais d'accords industriels et commerciaux avec l'américain MEC et le japonais Aichi.

De 100 à 500 millions de francs de chiffre d'affaires

SIMONIN

P-DG : Jacques Simonin

Actionnariat : familial 80 %, financiers 20 %

Siège : Beure (Doubs)

Résultat courant : 14,2 MF

Des ressorts à l'injection plastique

Parti de l'horlogerie et du ressort de précision, Simonin a su se diversifier dans le métal et le plastique. Aussi travaille-t-il pour l'auto- mobile comme pour la téléphonie et l'électroménager. Consacrant 6 % de son chiffre d'affaires aux investissements, le sous-traitant du Doubs a également musclé son bureau d'études pour pouvoir intervenir dès la conception des produits.

PELLENC

P-DG : Roger Pellenc

Actionnariat : Roger Pellenc 47%, financiers 30%, salariés et personnes physiques 23%

Siège : Pertuis (Vaucluse)

Résultat courant : 24,4 MF

La mécanisation de la viticulture

L'accroissement des besoins en mécanisation de la viticulture et de l'oléiculture a dopé le spécialiste provençal des robots pour l'agriculture, reconnu pour sa maîtrise de l'intégration de l'électronique, de l'informatique et de la visionique. Pellenc s'est également développé en Italie, en Espagne, en Australie et en Californie notamment. Au point d'y réaliser la moitié de son activité. La société prévoit de doubler de taille d'ici à 2004.

Moins de 100 millions de francs de chiffre d'affaires

TIMON

P-DG : Maurice Timon

Actionnariat : familial 100 %

Siège : Linas (Essonne)

Résultat courant : 6,4 MF

Le succès de la légèreté

Tirant parti de son expérience de distributeur en lunetterie, Maurice Timon s'est lancé en 1994 dans la fabrication et la vente de ses propres produits. Le succès immédiat du concept " Minima " - monture ultra-légère en fil de titane, sans entourage, combinant formes et couleurs - a ainsi fait le succès de Timon. En France et à l'étranger, où l'entreprise francilienne réalise la moitié de son chiffre d'affaires.

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