Les Champions de la CroisancePremier prixPENAUILLE : LE CHAMPIGNON DU NETTOYAGEPar un savant mariage de croissance interne et d'acquisitions, le groupe Jean-Claude Penauille s'est hissé au troisième rang du marché. Avant de négocier avec succès sa diversification dans les services aériens.
Publié le | L'Usine Nouvelle n° 0003Les Champions de la Croisance
Premier prix
PENAUILLE : LE CHAMPIGNON DU NETTOYAGE
Par un savant mariage de croissance interne et d'acquisitions, le groupe Jean-Claude Penauille s'est hissé au troisième rang du marché. Avant de négocier avec succès sa diversification dans les services aériens.
Lorsque, à 25 ans, en 1970, Jean-Claude Penauille prend, de Maisons-Alfort, son premier contrat de nettoyage dans une agence EdF, ce n'est pour lui qu'un " petit boulot ". Il est loin d'imaginer alors que cela l'amènera à diriger le numéro 3 français du secteur, derrière Onet et Abilis (ISS), qui réalisera cette année 6 milliards de francs de chiffre d'affaires, et qui vise les 10 milliards de francs d'ici à 2004 Les débuts sont peu glorieux : contrats arrachés un à un, négociations avec les banquiers. Mais le marché du nettoyage (35 milliards de francs) explose. Pendant dix ans, l'autodidacte Jean-Claude Penauille creuse son sillon. " Le tournant, c'est quand nous avons créé une succursale à Giens, en 1979. La question était alors : notre système pouvait-il être dupliqué ? ", relate-t-il. La réponse est oui. Penauille pousse comme un champignon. Se lance aussi dans la reprise de sociétés spécialisées sur des marchés techniques comme l'agroalimentaire ou l'automobile. Chaque année, les ventes bondissent et les résultats suivent, même si, un temps, l'endettement atteint deux fois et demie les fonds propres (réduit à une fois aujourd'hui). La recette pour maîtriser la croissance : s'appuyer sur les gestionnaires de terrain. Avec un garde-fou, le reporting " maison " très détaillé." Entre les 15 et 20 du mois, chaque responsable commente ses comptes dans une discussion franche ", explique-t-il dans son vaste bureau parisien du XVIe arrondissement. Couronnement de ce parcours, l'entrée en Bourse en 1994, où, par augmentation de capital, Penauille cède 20 % de ses parts (49 % aujourd'hui, après plusieurs appels au marché). " Pour rester au premier rang. Il nous fallait des moyens ", explique ce père de quatre enfants, qui a pris récemment la tête du club de rugby de Brives.
Le chevalier blanc du service aérien
L'autre tournant, c'est un peu au hasard qu'il le doit. A partir de contrats de nettoyage, Penauille entre dans les aéroports. " Nous percevions de la part des gestionnaires, puis des compagnies, une volonté de déléguer de plus en plus de services. " Une analyse qui conduit à l'intéresser à GSA, filiale d'AOM, dans les services aériens. Penauille emporte l'affaire au début de 1998. Son intérêt pour le métier s'aiguise. A l'occasion d'une OPA hostile sur le britannique Servisair, numéro 1 européen des services aux compagnies, Penauille se pose en chevalier blanc. Et achète la société pour la somme de 950 millions de francs. Cette activité, encore dopée par la reprise, en avril, d'ICS, leader britannique du nettoyage d'avions, pèse désormais la moitié de son chiffre d'affaires. Mais le groupe a d'autres fers au feu, ayant élargi depuis longtemps sa palette de services au" facilities management " ou à la sécurité. Sans oublier l'international. L'aérien a permis d'y porter sa part à plus de 45 %. Mais il s'y développe aussi dans son métier d'origine avec une alliance, au Portugal, avec Sonae, un achat en Espagne ou une création de filiale centrée sur l'automobile, en Italie. Aujourd'hui, il s'aven- ture sur les terres de Suez et de Vivendi, dans la propreté urbaine. Sa filiale Polyurbaine y pèse déjà 150 millions de francs. Pierre-Olivier Rouaud
LES AUTRES CHAMPIONS
Plus de 500 millions de francs de chiffre d'affaires
SODEXHO ALLIANCE
P-DG : Pierre Bellon
Actionnariat : Bourse 57,5 %, famille Bellon 41 %, salariés 1,5 %
Siège : Montigny-le-Bretonneux (78)
Résultat courant : 2 145 MF
L'empereur de la restauration
Rien n'arrête Pierre Bellon. En quelques années, grâce à des alliances stratégiques majeures (Gardner, Partena, Mariott...), Sodexho la petite affaire mar- seillaise crée en 1966 est devenu le poids lourd mondial de la restauration collective face à son concurrent Compass. La France ne pèse plus que 10% du chiffre d'affaires.
SR TÉLÉPERFORMANCE
P-DG : Daniel Julien
Actionnariat : Bourse 50,21 %, BNP Paribas 10,5 %, Jacques Berrebi 9,83 %, Françoise Douce 9,42 %, Groupe Industriel Marcel Dassault 8,8 %, Olivier Douce 6,51 %, Daniel Julien 4,73 %
Siège : Paris
Résultat courant : 252 MF
L'explosion du télémarketing
Après l'abandon de son pôle presse, professionnelle et agro- alimentaire, l'ex-Rochefortaise de communication s'est développée à grands pas dans le marketing et les services téléphoniques, tirant parti de l'explosion de l'externalisation de la relation client (CRM). Son deuxième pôle, la communication et le marketing médical, est aussi en plein développement. De plus en plus présent à l'internationalisation, le groupe est aussi actionnaire de la radio BFM.
De 100 à 500 millions de francs de chiffre d'affaires
SÉCHÉ ENVIRONNEMENT
P-DG : Joël Séché
Actionnariat : Joël Séché 70 %, Bourse 30 %
Siège : Changé (Mayenne)
Résultat courant : 112 MF
L'indépendant des déchets
Comptant parmi les rares indépendants dans le traitement de déchets, le groupe de Laval a su parfaitement faire sa place sur le marché face à Vivendi et Suez Lyonnaise. Son unique site de stockage et traitement de Changé connaît chaque année une activité croissante et dégage une rentabilité exceptionnelle. Reste pour lui à réussir le challenge de la diversification géographique.
LVL MEDICAL GROUP
P-DG : : Jean-Claude Lavorel
Actionnariat : Famille Lavorel 51 %, Bourse 42,5 %, salariés 6,5 %
Siège : Lyon (Rhône)
Résultat courant : 73,8 MF
Le boom des soins à domicile
Principal intervenant français avec Air Liquide dans le secteur des soins à domicile, LVL a su bénéficier du boom de ce marché porté par le vieillissement de la population et les soucis d'économies en matière de santé. Sa forte croissance s'appuie aussi sur une cascade d'acquisitions. En juillet, LVL a repris Clinovia, le numéro 1 britannique de la perfusion à domicile et devrait doubler de taille en 2000.
HIGHCO
P-DG : : Nicolas Butin
Actionnariat : Bourse 43 %, Frédéric Chevalier et dirigeants 27 %, WPP group 30 %,
Siège : Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône)
Résultat courant : 73,8 MF
La relation client gagnante
Créée en 1990, la petite agence de marketing opérationnel a fait du chemin. Son pôle services, spécialisé dans la relation client et les outils publi-promotionnels (magazines, supports sur lieux de vente...), est maintenant dopé par le développement des outils de communication via internet. Son second métier, l'émission et la compensation de bons de réduction (couponing), est lui aussi en plein boom. Le géant mondial WPP ne s'y est pas trompé, en prenant récemment une participation dans la société.
EUROFINS
P-DG : : Gilles Martin
Actionnariat : Bourse 42 %, Gilles Martin 38,5 %, Yves-Loïc Martin 19,5 %,
Siège : Nantes (Loire-Atlantique)
Résultat courant : 17,5 MF
Porté par la sécurité alimentaire
A partir d'une technologie innovante dans la détection des impuretés et contrefaçons alimentaires, le petit laboratoire nantais est devenu l'entreprise européenne qui compte dans le contrôle alimentaire. Porté par les exigences croissantes en matière de sécurité alimentaire, dopé par de nombreuses acquisitions, son chiffre d'affaires devrait dépasser les 300 millions de francs cette année.











