Les candidats socialistes veulent tous réindustrialiser la France
Par Cécile Maillard - Publié le
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Les socialistes en désaccord sur la sortie du nucléaireLes six candidats à la primaire socialiste ont débattu pour la deuxième fois ce mercredi soir, 27 septembre 2011. Un relatif consensus au final pour critiquer les banques et mettre l'accent sur l'emploi des jeunes. Avec un leitmotiv : faire passer la relance par l'industrie, et notamment par ses PME.
Réindustrialisation de la France, ils ont tous eu le mot à la bouche… Pour le deuxième débat télévisé de la primaire socialiste, les six candidats ont été d'accord pour dire que la relance passait non seulement par un assainissement du système financier, mais aussi par une relance de l'industrie, en France.
Arnaud Montebourg a proposé un plan de "réindustrialisation écologique", Martine Aubry évoquant plutôt une Europe qui investit dans les grandes infrastructures, François Hollande souhaitant "être dans l'offensive", l'Etat soutenant les entreprises industrielles non pas financièrement, mais par un cadre législatif favorable.
Ségolène Royal insiste sur un Grenelle des PME et les dix mesures qu'elle a déjà présentées en leur faveur, suscitant une surenchère de propositions pour les PME de la part de ses adversaires…
A l'appui de leurs propositions sur la relance ou les salaires, tous prennent soin de rappeler à quel point ils ont sillonné le terrain, et en particulier celui des usines et des conflits sociaux, ces derniers jours.
Ségolène Royal évoque la Fonderie du Poitou et la rémunération de ses dirigeants ainsi que Florange, Gandrange, Heulliez, Lu, pour avancer deux de ses propositions : autoriser l'entrée de l'Etat et des régions dans le capitale des entreprises "stratégiques", provisoirement, "le temps qu'elles redémarrent", et interdire les "licenciements boursiers".
Arnaud Montebourg parle de sa rencontre avec les caissières de Carrefour, dont les salaires augmentent très peu quand les rémunérations des dirigeants s'emballent. Et plaide pour une "loi de partage" qui imposerait de verser autant aux actionnaires et aux salariés. "Une stratégie de relance de l'économie", analyse-t-il. Mais sa grande idée reste l'instauration d'un protectionnisme européen et la lutte contre les paradis fiscaux.
Martine Aubry rappelle les précédents de Molex et Continental pour proposer de donner le pouvoir aux salariés de saisir le tribunal de commerce quand une entreprise se délocalise… "Trop bureaucratique, trop long !" critique Ségolène Royal, prête à montrer ses désaccords à toute occasion.
Manuel Valls, qui a rendu visite aux ouvriers en grève de Lafarge Ciments et de Veninov, propose "une stratégie industrielle compliquée" : la TVA sociale, qui suscite un tollé de ses contradicteurs. Et le rare échange réellement tendu de la soirée : quand Arnaud Montebourg qualifie cette mesure de "proposition de droite", Manuel Valls, apparemment blessé, lui répond que "personne n'a le monopole de la gauche".
Débat consensuel
Autre sujet de discorde : le contrat de génération proposé par François Hollande. Il s'agit d'une exonération de cotisations sociales sur les salaires d'un jeune recruté en CDI et d'un senior, si les deux contrats sont liés. "Trop coûteux" lui assènent quasiment tous les autres candidats. "Cela ne correspond pas à la dynamique des entreprises", insiste, mordante, Ségolène Royal.
Sur plusieurs sujets économiques et sociaux, Jean-Michel Baylet, rappelant qu'il était chef d'entreprise, se démarque de ses amis socialistes. Critiquant vertement certaines propositions qualifiées d'étatistes et datant des années 50, il développe ses deux propositions principales : renforcer les pouvoirs de l'Europe en matière de gouvernance économique, notamment pour cibler la relance sur le développement durable, la recherche et l'innovation ; relancer lemploi et la croissance en s'attaquant aux cotisations sociales, qui ne seraient plus être calculées sur la masse salariale, mais sur la valeur ajoutée nette des entreprises.
Les six candidats ont tous proposé de "poser des règles au système bancaire" (Hollande), "mettre la banque au service de l'économie" (Aubry), "lutter contre le chaos financier avant de parler de croissance" (Montebourg). Comment ? Peu de propositions concrètes…
Les retraites, qui étaient au programme du débat, n'ont pas été abordées, Ségolène Royal étant la seule à rappeler qu'elle voulait "rendre" la retraite à 60 ans à ceux qui ont eu des métiers pénibles.
Le débat est resté relativement consensuel, chacun se faisant un point d'honneur à rappeler régulièrement à quel point ils étaient tous sur la même longueur d'onde pour l'essentiel. Martine Aubry n'a pas cessé de rappeler que tout le monde se retrouvait sur le programme socialiste, approuvé à l'unanimité quand elle dirigeait le parti... François Hollande a joué la synthèse, concluant plusieurs grandes parties par un petit résumé des échanges. Réflexe d'ancien premier secrétaire du parti socialiste qu'il est.
1 réaction
zelectron | 29/09/2011 - 15H34
La dévitalisation de l'industrie à laquelle ont aussi grandement participé les gouvernements à partir de Giscard (ses prédécesseurs ayant eu la chance que ça roulait tout seul) et Mitterrand (surtout ce dernier, désarmement des avions au Bourget et bien d'autres "exploits") est aujourd'hui quasiment achevée. Les "recettes" socialistes incantatoires, basées sur le YAKAFOKON (que tout le monde connait) n'ont aucune chances d'aboutir. Ca m'étonnerait qu'ils aient l'idée de consulter l'Usine Nouvelle (je la lit depuis presque 40 ans) il y trouverait un certains nombre d'idées pour réaliser leurs vœux (pieux). Je précise que je ne suis ni actionnaire, ni lié d'aucune façon à ce magazine.

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