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Les Brésiliens prônent le développement des biocarburants

Par Yann Le Houelleur - Publié le
Biocarburant canne à sucre
© DR

Le 5ème séminaire latino-américain sur les biocarburants, à Santiago du Chili, a fourni aux Brésiliens l’occasion de répondre aux critiques de ceux qui s’inquiètent des conséquences de la monoculture sur la sécurité alimentaire des pays concernés. Premier producteur d’éthanol, le Brésil veut aider d'autres pays à acquérir les technologies nécessaires pour développer cette commodité.

Le développement spectaculaire des biocarburants prête le flanc à de nombreuses critiques. La conversion d’étendues de terre immenses à la plantation de la canne à sucre (et d’autres cultures) suscite l’inquiétude de ceux pour qui le recours à la monoculture est contraire aux principes de la sécurité alimentaire. Autrement dit, cette production florissante d’éthanol par le biais de la canne à sucre se ferait au détriment de la production d’aliments.

Second producteur d’éthanol au monde, derrière les Etats-Unis, le Brésil n’est donc pas exempt de critiques en la matière. D’autant plus que la canne à sucre s’est immiscée dans la région amazonienne ces dernières années, déclenchant l’ire des écologistes.
Différence entre les deux pays, toutefois : les Brésiliens obtiennent leur éthanol à partir de la canne à sucre alors que les Américains le font à partir du maïs.
Les autorités brésiliennes ont donc contesté le bien fondé de ces critiques à l’occasion du 5ème séminaire latino-américain et des Caraïbes sur les biocombustibles. Orchestrée par l’Organisation latino-américaine de l’Energie, l’OLADE, il s’est tenu à Santiago, les 17 et 18 août.
Selon les représentants du gouvernement brésilien, «il existe un potentiel en dehors de la canne à sucre en matière de biocarburants (la mamona, par exemple, dans la région du Nordeste), faisant appel à d’autres cultures dont le développement peut garantir aux agriculteurs une réelle sécurité alimentaire.»

"Un OPEP de l'éthanol"?

Sur tous les continents, à commencer par les Amériques, «des pays à vocation agricole avancent rapidement dans l’élaboration de carburants naturels», s’est plu à relever Carlos Florez, le secrétaire de l’OLADE. Il a cité l’exemple de la Colombie.

Le Brésil s’avère être le premier exportateur de biocarburants (environ 15 % de sa production d’éthanol). Le géant sud-américain a été soupçonné de vouloir inciter les pays se consacrant à ce type de cultures à constituer une «OPEP de l’éthanol». Voilà qui devrait renforcer l’influence grandissante du Brésil sur la scène internationale. A Santiago, les Brésiliens ont exhorté leurs voisins sud-américains à multiplier leurs efforts, eux aussi, en matière d’exportation d’éthanol à base de canne à sucre ou d’autres cultures.

Reste à favoriser l’accès des pays les plus pauvres aux nouvelles technologies dans le secteur des carburants verts. Lors de ce séminaire au Chili, les Brésiliens ont fait savoir qu’ils réfléchissent aux moyens de produire du diesel à partir de la canne à sucre.

 

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